Habitat : Hejira casse la baraque

Habitat : Hejira casse la baraque

Jeudi dernier, Taoufik Hejira, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme a été l’invité du Lions club doyen de Casablanca. Devant un parterre de professionnels, le ministre istiqlalien a fait état de prévisions ambitieuses pour l’année 2005 et d’un bilan positif pour les deux dernières années, avec la réalisation en 2004 de 103.000 logements, dont 27.000 unités restructurées. L’exposé du ministre a débuté avec un état des lieux du secteur de l’habitat et de l’urbanisme au Maroc. Entre rythme accéléré de l’urbanisation, inadéquation de l’offre à la demande, et dysfonctionnement dans l’usage du parc existant, le déficit n’a cessé d’être en perpétuelle augmentation. Un déficit qui sera, selon des chiffres communiqués par le ministre, de l’ordre de 1,5 million de ménages en 2007 et 1,7 million en 2012.
Le diagnostic de M. Hejira n’a pas omis de mettre à nu certaines pratiques du secteur, notamment la multiplicité des intervenants dans le domaine de l’urbanisme et donc difficulté de coordination entre eux, lenteur dans la production des documents d’urbanisme, complexité des procédures administratives, inadéquation des prérogatives des agences urbaines ainsi qu’une faible couverture territoriale en documents d’urbanisme. Pour ce qui est du financement, grand handicap des ménages lors de l’acquisition d’un logement, le ministre a reconnu l’existence d’un certain nombres de freins, tels la prédominance de l’autofinancement, l’absence du financement du logement à long terme (moins de 20 ans) ou carrément l’exclusion des ménages à revenus faibles et irréguliers.
Une situation telle que le gouvernement ne pouvait se permettre de rester les mains croisées. Des grandes réformes s’imposaient. La déclaration gouvernementale du Premier ministre Driss Jettou en est la consécration. L’engagement pris par le gouvernement actuel d’atteindre à court terme l’objectif des 100.000 logements par an, a affirmé le ministre, sera atteint au courant de l’année 2005, précisant que parmi les signes indicateurs de cette évolution ascendante du secteur du bâtiment figurent la consommation du ciment (+9,4 % en 2003 et + 5,6% en 2004), l’encourt des crédits de logement (+12,4 % en 2003 et 15% en 2004) et l’absorption par le secteur de 9,1 % de la main-d’oeuvre active en zone urbaine. Le rythme des constructions, a dit Toufiq Hejira, a presque doublé de cadence, en passant de 45.000 logements mis en chantier en 2002 à 99.000 unités en 2003 et 91.000 un an après, alors que les chantiers entièrement achevés ont été respectivement de 38.000 unités, 42.000 et 58.000 unités.
Mais de l’avis même du ministre, c’est la lutte contre l’habitat insalubre qui demeure la pierre angulaire de l’action gouvernementale en matière d’habitat et d’urbanisme.
Les volontés de SM le Roi Mohammed VI de voir éradiquer ce fléau s’est traduite par la mise ne place d’un programme ambitieux ayant pour nom «Villes sans bidonvilles». Lancé en juin 2004, ce programme a déjà concerné dans sa première tranche le relogement grâce à 19 conventions, de 99.736 familles et le parachèvement des chantiers ouverts au profit de 60.000 autres familles issues des bidonvilles.
La particularité de ce programme est qu’il adopte une nouvelle approche basée sur la participation et la responsabilisation des parties impliquées dans cette lutte contre l’habitat insalubre. Autre champ de bataille du département chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme, la lutte contre les habitations menaçant ruines. A cet effet, il est à signaler que les travaux sont en cours pour le relogement de quelque 11.700 familles, en plus de quatre conventions signées en décembre 2004, en présence de SM le Roi Mohammed VI et qui portent sur un programme urgent dans la ville de Fès. Outre le lancement d’un programme national avec le soutien financier du Fonds de solidarité pour un coût global de 850 millions de dirhams, le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme, a ajouté M. Hejira, poursuit l’achèvement de son programme d’intervention dans le domaine de l’habitat illicite et qui intéresse près de 100.000 ménages en plus de nouvelles conventions conclues au profit de 117.000 autres familles.

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