Habitat social : Bilan d’étape

En dix années, 243.000 ménages marocains ont profité du programme de l’habitat social qui visait la construction de 200.000 unités d’habitat social par an. Un programme qui a été lancé en grande pompe en 1994. Ce chiffre a été annoncé en fin de semaine dernière par le ministre délégué chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme, Taoufiq Hjira. Et pour parles des chiffres, le ministre a indiqué qu’une grande partie de ce programme a été exécutée par le secteur privé. En effet, près de 78 % de ce projet ont été réalisés par des promoteurs privés alors que 22 % uniquement ont été réalisés par le secteur public.
Le ministre, qui s’exprimait lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants en réponse à deux questions sur le programme de lutte contre les bidonvilles et les problèmes de l’habitat économique, a en outre mis l’accent sur la détermination du gouvernement d’éradiquer l’habitat insalubre. Evoquant la précarité de certaines habitations incluses dans le cadre du programme de l’habitat social, le ministre délégué chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme a affirmé qu’il s’agit de «cas isolés et rares».
Evoquant un autre chiffre, qui fait peur cette fois-ci, celui de 230.000 familles vivant actuellement dans des bidonvilles, Taoufik Hjira a insisté sur la volonté du gouvernement à aller de l’avant dans le domaine de relogement de ces familles et leur recasement. Dans son discours d’ouverture de la 1re année de la présente législature (octobre 2001), S.M. le Roi Mohammed VI avait tenu à rappeler que «la sauvegarde de la dignité du citoyen marocain ne pourra être assurée qu’en lui garantissant un logement décent et en diligentant l’exécution du programme national de lutte contre l’habitat anarchique et l’éradication des bidonvilles».
De son côté, abordant ce même volet lors de son allocution d’investiture, devant le Parlement, le Premier ministre avait indiqué, le 21 novembre de la même année, que 760.000 familles, soit quelque quatre millions de citoyens, vivent dans un habitat insalubre et qu’une famille sur cinq en milieu urbain vit dans une situation similaire. Cette situation, avait ajouté Driss Jettou, a donné lieu «en particulier à l’exacerbation des différentes formes de marginalisation et à l’aggravation des disparités sociales, faisant “le lit de désespoir” et des comportements déviants au sein des familles et dans les milieux de la jeunesse». Il est à signaler que cette forte volonté étatique de venir à bout du fléau de l’habitat insalubre et anarchique s’est particulièrement renforcée après les attentats du 16 mai 2003.

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