Issa Ben Yaakoub: «Les MRE représentent la masse la plus importante pour nos ventes»

Issa Ben Yaakoub: «Les MRE représentent la masse la plus importante pour nos ventes»

Entretien avec Issa Ben Yaakoub, président de l’Union des promoteurs immobiliers de Tanger

Dans cet entretien, Issa Ben Yaakoub aborde la situation actuelle du secteur de l’immobilier dans la capitale du nord ainsi que son avenir grâce aux grands projets structurants que connaît la ville.

ALM : Quelle est votre vision en tant que professionnels sur l’avenir du secteur à  Tanger ?

Issa Ben Yaakoub, président de l’Union des promoteurs immobiliers de Tanger
Issa Ben Yaakoub, président de l’Union des promoteurs immobiliers de Tanger

Issa Ben Yaakoub : Les professionnels de la place ne peuvent qu’être optimistes grâce aux grands projets de restructuration, de réaménagement du cadre de vie et d’embellissement de la ville, prévus dans le cadre de Tanger-Métropole. Ce qui va rendre Tanger encore plus attractive pour les investisseurs.  Ajoutons à cela les projets de zones industrielles prévus dans le cadre du même programme royal de Tanger-Métropole. La mise en service  de ces futures zones industrielles va occasionner un nombre important d’emplois et pour la même raison un besoin accru en logements.

Comment se comporte actuellement le secteur de l’immobilier à Tanger ?

L’immobilier connaît, après une forte période de  prospérité située entre 2000 et 2008, une régression constante pour presque l’ensemble de ses composantes. Cette situation s’explique du fait que la    plupart de nos transactions sont liées avec les pays d’Europe, dont l’économe a été frappée de plein fouet par la crise. Surtout que lorsqu’on pense que les MRE, qui représentent toujours la masse la plus importante pour nos ventes, continuent de voir leur pouvoir d’achat dégringoler. Ils pouvaient, avant cette période de crise, acheter des appartements avec des prix se situant entre 500.000 et un million de dirhams l’unité. Les MRE concentrent, depuis ces dernières années, de plus en plus leurs achats dans le logement social à 250.000 dirhams. Il n’empêche de signaler que, malgré cette régression, le secteur continue d’avoir des demandes de la part des différentes couches sociales, en raison du déficit en termes de logements dont souffre le Maroc en général et la ville en particulier.

Quel est, à votre avis, les segments immobiliers les plus touchés par cette période de régression ?  

Le haut standing à Tanger en est le plus touché avec une chute dépassant les 50% sur le chiffre d’affaires et même autant sur la réalisation des chantiers. Alors que ce type de logement se vendait, avant 2010, bien. Il demeure par contre très demandé dans la zone résidentielle recouvrant certains quartiers tels que Iberia et Souk El Bkar, mais toujours à un rythme moindre qu’auparavant. Alors que ce n’est pas le cas, à titre d’exemple, pour la zone côtière de Tanger, où le produit représente en lui-même une habitation secondaire qui se vend lorsque tout marche bien pour l’acquéreur. Les prix pour ce type de logement sont élevés, se situant entre 15.000 et 20.000 dirhams le m2. Et  ce en raison de la cherté des terrains dans cette zone et la qualité des matériels exigés pour le haut standing.

Comment expliquez-vous cet engouement des professionnels de la place pour le social ?

Ce secteur demeure, depuis 2012, en tête des autres secteurs en termes de ventes à Tanger. Il a commencé, à partir de 2010, à se développer avec la mise en application du plan de relance du logement social (2010-2020), dont les facilités et avantages fiscaux ont attiré beaucoup de professionnels de la place pour y investir. Cet engouement pour l’habitat social a entraîné une forte concurrence, qui a joué en faveur de la qualité du produit. Ce type de logement réussit à attirer différentes couches sociales, parmi lesquelles bien évidemment les MRE et les habitants des autres villes, telles que Casablanca, Rabat, Fès ou Marrakech, qui rêvent toujours d’avoir une résidence secondaire à Tanger. Le social se concentre dans la périphérie de la ville, dont Tanja Balia, Mesnana, sur la route de Rabat et un nombre réduit sur celle de Tétouan.

Quel est l’apport du nouveau plan d’aménagement de Tanger sur la profession ?

La mise en application de ce plan, dont l’élaboration a pris  beaucoup de temps, était très attendue par la profession. Car les investisseurs et promoteurs ont eu besoin  d’un nouveau document pour avoir une vision future et savoir quel type de terrain acquérir pour se lancer dans un nouveau projet immobilier. Ce plan d’aménagement vient avec un nouveau règlement de construction permettant de définir les zones et les normes de construction. Les promoteurs se sentent lésés  par ce règlement portant sur l’agrandissement des patios et la suppression des retraits.  Il en résulte une réduction de la surface de plancher constructible et par conséquent les terrains reviennent plus cher. Nous appelons ainsi à retourner à l’ancien règlement pour encourager les promoteurs à continuer leurs activités avec enthousiasme.

Quels sont, à votre avis, les autres moyens pour redynamiser l’ensemble des secteurs immobiliers?

Nous appelons à la réduction des taux d’intérêt bancaires surtout pour les acquéreurs. La baisse de ce taux, qui se situe entre 5 et 6,5%, encourage les clients à acquérir leur logement.  C’est le cas pour ceux au revenu moyen, dont la plupart recourent souvent au crédit bancaire pour l’achat de leur appartement.  Nous sommes aussi pour une meilleure relation promoteur-client basée sur la confiance mutuelle. Les professionnels sont appelés à améliorer la qualité de l’offre et assurer la livraison dans les délais préétablis. Nous appelons de même à la révision de la loi sur la location visant à protéger le propriétaire face aux locataires insolvables pour encourager les investissements aux immeubles destinés à la location.

 

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