La céramique à l’aube de la libéralisation

Employant 5.000 personnes, avec une production annuelle s’élevant à 30 millions de m2 de carreaux pour une consommation annuelle de 33 millions de m2, le secteur de la céramique reste une des principales composantes de l’industrie des matériaux de construction. La production est assurée principalement par huit sociétés modernes et bien structurées (Union Cerame, Super Cerame, Facemag, Cocema, Faceram, Grocer, Ceramica Ouadrass, Gros Cérame). Elle se caractérise, selon une étude de la Mission économique française au Maroc, par la cherté des matières premières, une concurrence nationale qualifiée de « sauvage», faute de protection juridique suffisante, une absence de standardisation de production, des taux d’intérêts bancaires élevés, un coût important des stocks de pièces de rechange pour les machines, une insuffisance de la main-d’oeuvre qualifiée et un coût élevé du propane et de l’électricité.
Les importations, essentiellement haut de gamme, qui proviennent d’Espagne, d’Italie, d’Allemagne et de France ont augmenté jusqu’en 1993, puis ont ensuite diminué en raison d’une production locale, qui s’est développée à l’abri des droits de douane élevés frappant les produits importés : 31,5% des droits de douane de base + 15% de PFI/Prélèvement fiscal à l’importation s’appliquant sur le montant CIF de la facture. En fait, et toujours selon l’étude précitée, les droits cumulés s’élèvent à près de 70% compte tenu de la TVA de 20%. Il faut également signaler la suppression, en juillet 2002, conformément aux accords de l’OMC, du décret du ministère de l’Economie et des Finances de 1998 instituant un prix de référence au kilo à l’importation. Depuis lors, les douanes se réfèrent uniquement au montant de la facture. Mais l’existence de sous-facturations des produits importés d’une valeur variant entre 1 et 2 euros/m2 a été dénoncée par les professionnels marocains, d’autant plus qu’ils estiment à 500 000 m2 par an la quantité de carreaux en céramique faisant l’objet d’importations non déclarées.
La suppression progressive de la protection douanière exposera le secteur national à une concurrence étrangère dangereuse, si l’on considère qu’au Maroc, il est difficile aujourd’hui de produire à un coût inférieur à 45 DH/m2 alors qu’en Espagne, le prix de vente avoisine 30 DH/m2,. Face au danger de disparition, l’industrie de la céramique a déjà commencé à réagir : création en 1999 de la société Lasfar Gaz, créée en partenariat avec la société française Rubis Vito-Gaz (70%) et les céramistes marocains (30%) qui ont ainsi décidé de prendre en charge le problème de leur approvisionnement en propane, certification ISO 9001, formation professionnelle, modernisation des unités de production (usines automatisées Union Cérame et Super Cérame) et mise en place d’un Centre technique des matériaux (veille technologique, audit, recherche de matériaux…).

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