Le béton coule bien à Marrakech

Le béton coule bien à Marrakech

Quand l’immobilier va, tout va. Cette expression est connue de la part de tous les économistes. Une expression qui s’applique parfaitement à la ville de Marrakech qui, en parallèle de la dynamique économique et socio-culturelle qu’elle connaît, dispose d’un marché de l’immobilier en plein essor. Par ses liens avec d’autres secteurs productifs, la production de logements constitue une véritable locomotive du développement. Immeubles, lotissements, villas, ou encore riads et anciennes demeures de la médina à rénover, tous les goûts seront satisfaits à Marrakech.
Bref, une grande volonté pour répondre à la demande en la matière. A cet effet, il convient de signaler que 886 autorisations de construction d’immeubles de trois étages et plus ont été délivrées au titre de l’année 2004 par la ville de Marrakech, soit une moyenne de 3 autorisations par jour, outre l’octroi de plus de 2.000 autorisations pour la construction d’habitats individuels dans différentes circonscriptions de la ville. Mais ce qui caractérise le marché de l’immobilier dans la ville ocre est le grand intérêt que portent des investisseurs étrangers qui, contre une somme allant de 700.000 à 1.500.000 dirhams pour un riad à rénover et environ 2.000.000 de dirhams pour un riad remis à neuf, peuvent s’offrir une maison des Mille et Une Nuits. Bab Doukkala, Riad Larouss et Dar El Bacha sont les exemples de quartiers marrakchis qui regorgent de ces demeures. C’est dans les ruelles de ces quartiers que l’on se trouve avec un pied dans l’Occident et l’autre en Orient. C’est d’ailleurs à Dar El Bacha que se trouve la maison El Glaoui. Princes et ministres de pays étrangers y sont accueillis à chacun de leur passage dans la ville ocre. Cependant, Marrakech n’est pas une ville où n’existent que les anciennes ruelles de la médina. C’est une cité où la modernité est tout aussi présente. En témoignent les différents quartiers européens comme Guéliz ou l’Hivernage. Le premier a toujours constitué la ville nouvelle de Marrakech, construite en dehors des remparts dans les débuts du 20ème siècle.
Depuis 2004, de grandes parties du quartier, initialement occupé par de petites villas, sont devenues des en R+5. Ce qui a bien évidemment influé sur le prix des parcelles de ces villas, destinées à être rasées pour faire place à ces immeubles de haut standing. L’Hivernage connaît la même situation puisque ce quartier devient peu à peu un quartier où grands hôtels et grands appartements donnent le ton. Le prix du mètre carré s’en ressent automatiquement. Néanmoins, et en dépit de cette dynamique à laquelle contribuent efficacement les promoteurs immobiliers, il convient de noter l’existence d’un certain nombre de problèmes que les différents intervenants ont résumé dans l’absence d’une définition précise des responsabilités des différentes parties concernées par les opérations de construction. A ceci s’ajoutent le grand nombre d’intervenants dans ce secteur et la lenteur dans le traitement des dossiers.
En plus, il serait très naïf de penser que la ville, qui attire des centaines de milliers de visiteurs par année, n’est pas touchée par le fléau de l’habitat insalubre et clandestin. Les bidonvilles s’y sont en effet installés en parallèle de la floraison de l’activité économique, même s’ils ne sont pas très nombreux. Les autorités locales, ERAC et délégation du ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme en tête, sont conscientes du danger que pourraient représenter ces quartiers anarchiques.
Plusiuers projets ont été initiés pour éradiquer ce fléau et c’est ainsi qu’en 18 mois, 18 douars ont été rasés et leurs habitants relogés dans le cadre du programme « Ville sans bidonvilles ».

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