L’économique, l’est-il vraiment ?

L’économique, l’est-il vraiment ?

Peut-on construire des logements sociaux encore plus économiques ? Au début, un logement social pouvait être acquis à 200.000 dirhams, ce qui était loin d’être à la portée des couches sociales défavorisées, celles justement auxquelles ces logements sont destinés. Il fallait coûte que coûte arriver à mettre sur le marché un produit viable, agréable à des prix beaucoup moins chers. Les professionnels de l’immobilier et de l’habitat estiment qu’il est en effet possible de réduire les coûts d’équipement et de construction des logements sociaux, sans que la qualité ne soit pour autant entamée. Pour Faouzi Kherchafi, et pour accompagner l’action du gouvernement qui affiche comme objectif annuel la construction de 100.000 logements sociaux par an, construire des habitations destinées à aux ménages à revenu limité à moins de 120.000 dirhams l’unité est possible. L’architecte conseil de Achaâbi Lil Iskane met en avant plusieurs expérience du groupe immobilier.
« Nous avons essayé une première expérience à Mohammedia. Achaâbi Lil Iskane a construit des logements au profit des sinistrés des inondations qui se sont abattues sur cette ville. Ces logements ont coûté la somme de 80.000 dirhams l’unité, ce qui est un record. Mais il faut signaler que ce coût n’englobe pas la charge foncière qui alourdit les charges des promoteurs immobiliers », estime M. Kharchafi. Ce dernier donne un autre exemple, celui du projet «Annakhil» à Casablanca, destiné au relogement des habitants des bidonvilles de Nouacer. Le prix de revient du logement serait de 115.000 dirhams, sans compter la charge foncière bien évidemment; la superficie de chaque habitation tournerait autour de 60 m2. « Ce projet bénéficie d’une aide du ministère de l’Habitat, qui est de l’ordre de 50.000 dirhams l’unité », précise Faouzi Kharchafi. L’architecte n’a pas omis de mettre en évidence le caractère exceptionnel de ces deux projets, qui devaient se réaliser dans l’urgence pour répondre à un besoin spécifique. La donne change dans d’autres régions du Royaume, comme c’en est le cas à El Hoceïma. « La loi sur les normes d’habitation parasismiques est appliquée à l’ensemble du Royaume, mais le cas de cette région du Nord du pays est très spécial vu les tremblements de terre qui s’y sont succédé», explique-t-il, notant que l’application de ces normes n’entraînerait qu’une hausse de 2 à 3% du coût global.
L’objectif affiché pour tout le monde est donc une réduction des prix des logements sociaux. Pour encourager l’implication du privé dans ce secteur, l’Etat n’a pas hésité à prendre de nombreuses mesures visant l’exonération de taxes. Sont concernés les promoteurs immobiliers pour l’ensemble de leurs actes liés à la production de logements sociaux des droits d’enregistrement et de timbre, droits d’inscription sur les livres fonciers, des patentes, de la TVA, de l’IS, de l’IGR, de la PSN, de la taxe urbaine ainsi que tout impôt taxes ou redevances et contributions destinées aux collectivités locales. Bénéficiant de ces avantages fiscaux, les promoteurs immobiliers se trouvent cependant face à un autre obstacle, celui du foncier.
Dans le cadre des nombreuses conventions et contrats programmes signés avec le département de l’Habitat, plusieurs lots de terrains sont mis à la disposition des promoteurs immobiliers afin de les encourager à construire des habitats sociaux. Des mesures qui demeurent insuffisantes, vu le grand besoin du Maroc en logements.

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