Les banques frileuses

Les banques frileuses

Actuellement, nombreux sont ceux qui financent l’acquisition de leur logement à crédit. Mais les Marocains qui ont le droit de recourir à ce type de financement ne sont pas légion. Pour la majorité d’entre eux, ceux dont les revenus mensuels sont irréguliers ou modestes, cette option n’est pas possible. C’est en pensant à cette frange de la population marocaine que trois fonds de garantie ont été mis en place. Il s’agit du Fogarim, Fogaloge public et Fogalef. Un quatrième a été pourtant prévu, le Fogaloge privé en l’occurrence, mais il n’a pas encore vu le jour faute de textes de loi. Mis en place en 2004, ces trois fonds enregistrent des résultats mitigés. Celui qui a le plus réussi est le Fogalef, fonds géré par la CCG pour le compte de la Fondation Mohammed VI pour l’éducation-formation. Jusqu’à présent, plus de 13.000 dossiers ont été approuvés, totalisant un peu plus de deux milliards de dirhams en crédits bancaires.
Pour ce qui est du deuxième fonds, le Fogaloge, il est destiné aux fonctionnaires et agents de l’Etat, et employés du secteur public dont le salaire annuel net d’impôt et des charges sociales est inférieur à 72.000 dirhams (6.000 dirhams par mois). Il couvre le remboursement du principal de prêt accordé par l’établissement de crédit majoré des intérêts normaux et de retards, et ce à  hauteur de 20% si la durée contractuelle du prêt est inférieure à 10 ans, 40% si  la durée est comprise entre 11 et 20 ans, et enfin 60 % si la durée excède 20 ans. Pour ce fonds, aucun problème particulier n’est posé puisque les bénéficiaires sont des fonctionnaires de l’Etat. Le Fogarim, destiné aux ménages à revenus irréguliers et modestes, en vue  de les aider à acquérir ou à  construire des logements sociaux, ne connaît pas le même succès. Loin de là. Ce fonds est pourtant d’une extrême importance puisqu’il intéresse une frange très sensible de la population, celle qui a le plus besoin de garantie. En effet, le bénéficiaire ne doit être ni fonctionnaire, ni employé titularisé du secteur public, ni salarié d’une entreprise privée affiliée à la CNSS. Il doit exercer une activité génératrice de revenus et non propriétaire d’un logement. L’acquisition ou la construction doit être de moins de 200.000 dirhams et la mensualité ne doit pas excéder 1.000 dirhams. Mais depuis son démarrage en 2004, il n’a admis qu’un peu plus de 400 dossiers. «Le problème avec ce fonds est la difficulté éprouvée auprès des banques privées qui ne consentent pas à accorder des crédits à une population qu’elles estiment non-solvable», explique le ministre chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme, Taoufik Hejira.
Et pourtant, la garantie Fogarim couvre à hauteur de 70 % le remboursement du principal du prêt accordé par l’établissement du crédit, majoré des intérêts normaux et des intérêts de retards. Les banques ne supportent donc que le risque des 30 % restant de la somme prêtée.
Résultat : parmi toutes les banques qui ont signé la convention de création de ce fonds, via le Groupement professionnel des banques du Maroc, seuls le CIH et la BCP y sont actifs. En attendant que les choses se débloquent, les quelque 200 millions de dirhams de ce fonds ne bénéficient à personne, ou presque. Une situation qui n’est pas pour plaire aux promoteurs immobiliers qui demandent à ce que la procédure s’accélère. «Ce qui a été fait est certes bon. Depuis sa mise en place effective en août 2004, ce fonds a quand même permis à quelques centaines de familles marocaines d’avoir accès au logement alors qu’elles ne pouvaient le faire autrement», estime  Abderrazak Waliallah, directeur général adjoint d’Addoha.
Et d’ajouter : «Maintenant, il faudrait essayer de débloquer la situation. Des réunions sont régulièrement tenues avec les responsables gouvernementaux à cet effet». Pour des sources au sein du ministère de l’Habitat, la solution réside dans la mise en place d’un fonds de crédit octroyé directement par l’Etat. C’est encore en stade de projet. Mais qui sait ? En prenant en charge la totalité de la garantie, peut-être qu’une plus grande partie des marocains réaliseront à leur rêve, un logement.

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