Les IGT tirent la sonnette d’alarme

Les IGT tirent la sonnette d’alarme

Les ingénieurs géomètres topographes (IGT) ne baissent pas les bras. Après avoir proposé au gouvernement et à leurs instances électives d’appliquer le fameux cahier à souches un outil indispensable pour instaurer une concurrence loyale et partant, accroître considérablement les recettes fiscales, de jeunes IGT persistent et signent.
Ils attirent, cette fois-ci, l’attention des autorités publiques sur la dégradation de leurs conditions de travail. « Que les choses soient claires! », disent-ils. « Nous ne voulons pas que l’Etat débourse un centime pour mettre à niveau notre profession ». Ce qu’ils exigent, c’est que le gouvernement reconnaisse leur importance dans le développement de l’investissement du Maroc, et partant, lever les séries d’injustices dont ils sont victimes. Leurs doléances sont très claires. Elles peuvent même être résumées en une seule phrase: mettre un terme à la discrimination dont les IGT font preuve.
En fait, il faut préciser que les administrations concernées par cette mesure sont essentiellement, le ministère de l’Equipement, le cadastre, l’ONE, l’ONEP et les communes.
A l’instar de ce qui a été accordé aux entrepreneurs du bâtiment et travaux publics (BTP), les ingénieurs géomètres-topographes exigent que l’Etat et les entreprises publiques adaptent leurs appels d’offres aux contraintes des cabinets des IGT. « Ce fractionnement des appels d’offres n’altèrera en rien ni la sécurité des usagers, ni les budgets prévisionnels de l’administration », précisent les IGT. Mieux, ils assurent que cette initiative aura des conséquences positives sur ces deux rubriques. En instaurant les garanties d’une concurrence saine pour la profession, de nouveaux emplois seront créés, les emplois existants seront valorisés et la visibilité pour l’investisseur dans le domaine immobilier sera assurée.
Le ministère de l’Equipement ne fait pratiquement jamais appel, directement, aux IGT. Les appels d’offres pour la construction d’une route, par exemple, sont destinés aux bureaux d’études (un métier à part), qui sous-traitent la partie topographique à un cabinet d’IGT. En fait, cette gymnastique technico-administrative a montré ses limites, non seulement sur le plan purement professionnel mais également en matière de survie des cabinets des IGT. En d’autres termes, puisque le ministère de l’Equipement exige que les cabinets d’études fassent appel aux IGT pour les travaux topographiques, autant le faire directement. Cela empêchera les bureaux d’études de se sucrer au passage. D’ailleurs, « pourquoi instaurer cette tutelle des bureaux d’études? », s’insurgent les IGT. C’est comme si on demandait à une agence de voyages de vous garantir la fiabilité d’un avion.
Le cas de l’ONE est encore plus flagrant. L’Office national de l’électricité a carrément créé un « club des IGT » en distribuant des agréments. Les IGT agréés, c’est-à-dire membres du « club » ont le droit de soumissionner aux appels d’offres de l’Office. Les autres, la majorité écrasante, sont tenus à l’écart. Les IGT affirment, à ce titre, que les travaux commandés par l’ONE sont techniquement d’une extrême simplicité. Même remarque pour l’ONEP qui impose des conditions tellement draconiennes qu’elles semblent être taillées sur mesure pour une poignée d’IGT. Résultat: le fossé entre IGT pistonnés et les autres ne cesse de grandir.
Le cadastre, aussi, a mis en place des conditions quasi insurmontables pour les cabinets des IGT, ayant une ancienneté supérieure à 2 ans. Ceci sans parler des OST et des groupements d’habitations. En fait, les IGT estiment que les conditions exigées par l’une ou l’autre des administrations ne sont pas conformes à la dure réalité de leurs cabinets. Avant d’exiger d’un cabinet d’IGT une grande expérience, il faut lui donner la chance de l’acquérir. D’où l’importance du fractionnement des appels d’offres.
Le nombre total des cabinets des IGT ne dépasse guère les 335. « Il y a de la place pour tout le monde », assure un IGT. Mais encore faut-il que le fameux guide des honoraires soient effectivement appliqué. Ce document, préparé par l’Ordre national des IGT, n’a pratiquement jamais été respecté. Pourtant, les tarifs prévus sont considérés comme « justes et mesurés ».
Les prix ont subi une baisse faramineuse. Le travail au noir et la concurrence déloyale exercée par des IGT publics et des techniciens à la solde de certains bureaux d’études, n’ont fait qu’aggraver la situation. A titre d’exemple, pour un groupement d’habitations, le cabinet d’IGT devrait toucher en moyenne 1.000 DH par appartement, or aujourd’hui, ce genre d’affaires est traité à 200 DH. Une misère, sachant que les charges de ces professionnels ne font qu’augmenter.

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