Meknès : Une solution nommée Marjane

Meknès : Une solution nommée Marjane

Avec près de 750.000 habitants, la ville de Meknès comptait une population, qui était constituée, pendant de nombreuses années, d’une proportion importante de ménages à faible revenu qui vivaient dans les quartiers insalubres. Et c’est pour venir en aide à cette franche de la population que le programme Marjane a été conçu.
Lancé en 1992 par l’Agence nationale de lutte contre l’habitat insalubre (ANHI), actuellement parie intégrante du holding d’aménagement Al Omrane, cette opération concerne le relogement et le recasement de quelque 5.100 ménages bidonvillois. C’est une vaste opération d’aménagement urbain qui rentre dans le cadre d’une planification opérationnelle visant la résorption de l’habitat insalubre recensé à Meknès. Ce programme a donc, outre le fait d’éradiquer tous les bidonvilles de la préfecture Al Ismaïlia, mis sur le marché des lots équipés de prévention cédés au coût de revient, et réalisé une grande partie des infrastructures hors site de l’extension urbaine sud-ouest de la ville de Meknès.
Les différentes opérations faisant partie du programme ont été réalisées sur une assiette foncière globale de 287 ha, constituée de terrains privés, acquis soit à l’amiable soit par voie d’expropriation, et de terrains de l’Etat. Le programme Marjane a produit 12560 lots dont 5140 destinés aux ménages bidonvillois pour un coût de 680 millions de dirhams. Le financement a été assuré par les recettes clients et par une subvention de l’Etat à hauteur de 37,8 millions de dirhams. La quasi-totalité des bidonvilles de la préfecture Al Ismaïlia ont été éradiqués et les tranches réalisées du programme ont eu un impact sur l’ensemble de l’agglomération dans la mesure où un nouveau centre urbain a vu le jour tout en étant doté de toutes les infrastructures nécessaires.
La particularité de cette intervention réside dans le fait que les bénéficiaires proviennent de différentes couches sociales, ce qui conforte la volonté d’aboutir à un programme intégré, se différenciant des projets exclusivement destinés aux ménages pauvres où le caractère de ghetto reste visible et prédominant. Au niveau environnemental, la réalisation en partenariat avec les promoteurs privés a permis de canaliser les eaux usées vers l’exutoire préexistant et protéger les eaux du barrage collinaire de Toulal. D’autre part, le relogement de tous les bidonvilles se trouvant dans la vallée de Boufekrane a sauvegardé un poumon vert de la ville, ainsi que les eaux de l’oued qui étaient menacées de pollution.

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