Meknès veut se débarrasser de ses bidonvilles

Meknès veut se débarrasser de ses bidonvilles

Meknès est en train de raser ses bidonvilles. «Ville sans bidonvilles», la cité ismaélienne ne ménagera désormais aucun effort pour bien mériter cet ambitieux titre prévu pour la fin de cette année.
En fait le secteur de l’habitat figure en bonne place dans le programme qu’a envisagé l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) pour Meknès. C’est ainsi que deux conventions de partenariat ont été récemment signées au siège de la wilaya de la région de Meknès-Tafilalet. Il s’agit précisément d’une convention pour recasement des habitants de bidonvilles et d’une autre pour octroi de microcrédits.
Pour cette dernière convention, il y a trois partenaires : le ministère délégué chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme, la wilaya de la région de  Meknès-Tafilalet ainsi que la fondation Banque populaire pour le microcrédit. Voulant impliquer davantage les bénéficiaires eux-mêmes dans cette opération de lutte contre l’habitat insalubre, ces trois partenaires vont procéder à l’octroi de microcrédits aux ménages bidonvillois de la ville de Meknès. C’est ainsi qu’ils ont «convenu d’unifier leurs efforts pour soutenir notamment le programme de relogement et de recasement des populations des quartiers défavorisés de la région ».
Dans cette convention, chacun des trois signataires a un rôle précis. Le ministère délégué chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme a été donc chargé d’engager les organismes Al Omrane et l’Etablissement régional d’aménagement et de construction (ERAC-Centre Sud) dans cette opération. Ces deux sociétés devront « doter les sites d’accueil des ménages bidonvillois des équipements d’infrastructures, faciliter aux bénéficiaires des lots les démarches nécessaires pour entreprendre les travaux dans les délais les plus opportuns, s’assurer de l’avancement des travaux et du respect des normes et des plans de construction des logements ».
Le rôle de la fondation Banque populaire pour le microcrédit réside par contre dans le financement. Selon les termes de la convention, la fondation «mettra au service de la population visée répondant aux conditions d’éligibilité, son programme microcrédit et particulièrement les produits Al Milkia et Al Islah». En plus de cela, elle « s’engage aussi à remettre aux bénéficiaires des prêts destinés à l’acquisition de lots et à informer les deux autres parties sur les prêts accordés et le nombre de clients servis à travers des rapports de suivis mensuels». La troisième et dernière partie signataire de cette convention n’est autre que la wilaya.
Cette dernière s’engage pour sa part « à soutenir le programme de recasement des populations des bidonvilles à travers le recensement des personnes concernées, l’élaboration des listes des bénéficiaires potentiels, l’octroi des autorisations requises et l’accompagnement des partenaires dans ce projet ». S’agissant de la deuxième convention, elle porte sur un projet de recasement de plus de 3.000 ménages. D’une manière précise, il s’agit de 2.328 ménages implantés sur des terrains militaires et de 905 autres du bidonville « Mazilla », basé sur un terrain Guich.
Les signataires de cette convention étaient au nombre de quatre : le ministère de l’Intérieur, le ministère délégué chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme, les autorités militaires et l’Agence de logements et d’équipements militaires. Les bénéficiaires de cette opération ont le choix entre l’acquisition d’un logement ou d’un lot de terrain, à des conditions particulièrement avantageuses.  
Toujours avec Al Omrane et l’ERAC-CS, le ministère s’occupera de l’opération de relogement des 905 ménages de « Mazilla » et de seulement 625 ménages implantés sur les terrains militaires.  Selon les termes de cette convention, ces deux organismes « se chargeront, avec les autorités militaires et civiles, de l’opération de recensement des ménages, de  mobiliser les ressources financières nécessaires à cette opération, de  faciliter l’obtention des autorisations de lotir et de construire et de définir  les critères d’attribution des logements ou des lots de terrain de recasement ».
Dans cette convention, le rôle de la Wilaya de Meknès-Tafilalet est un peu plus vaste. Plus qu’un simple suivi, elle agira également sur plusieurs plans, notamment celui relatif au raccordement au réseau national de l’eau et de l’électricité.  C’est ainsi que la wilaya compte veiller à ce que la Régie autonome de distribution d’eau et  d’électricité de Meknès (RADEEM) accorde des facilités de paiement au règlement de la taxe de premier établissement.
Sur le plan de la lutte contre l’habitat insalubre, Meknès a du pain sur la planche.

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