Mouvement foncièrement malsain

L’été s’annonce chaud à la Conservation foncière. Après le feuilleton des grèves marathoniennes qui a tenu les citoyens et autres professionnels du foncier en haleine durant de longs mois, le personnel de cette administration publique, récemment transformée en agence nationale, reprend son mouvement de protestation. Après les grèves du mois de mai et de la première quinzaine de juin ainsi que le sit-in organisé le 14 juin, jour de la tenue du Conseil national de l’Agence de la conservation foncière, trois jours de grève sont prévus les 22, 23 et 24 juin. L’objectif de ce mouvement : une réforme du statut de l’Agence qui, selon le syndicat national de la Conservation foncière, relevant de l’Union marocaine du travail (UMT), ne répond nullement à leurs attentes. Du côté de la direction générale, on préfère mettre en exergue les avancées qui ont été enregistrées quant, notamment, à la situation financière du personnel de la Conservation foncière. Des avancées qui se résument en une revalorisation des salaires des fonctionnaires de l’Agence. A titre d’exemple, les salaires de base des fonctionnaires, des échelles 1 à 7, seront revus à une hausse estimée à 91%.
Pour Benacher Tafah, secrétaire général du syndicat de la Conservation foncière, la copie du statut qui a été rendue publique en avril dernier, alors qu’elle était attendue pour le mois de janvier dernier, ne reflète pas les engagements pris par la direction générale ainsi que du représentant de la Primature lors de la réunion qu’ils ont tenue le 14 octobre dernier. L’un des plus grands points de discorde n’est autre que le système d’équivalence des échelles et salaires entre la fonction publique et le statut d’agence et qui, dans la version actuelle n’arrange pas les affaires des 4500 salariés que compte l’Agence. « Actuellement, nous sommes régis par les règlements de la fonction publique. En passant à l’agence, le personnel risque de perdre une ou plusieurs échelles. Pour parer à ces éventualités, nous avons demandé à la direction générale un système de bonification en guise de compensation », explique-t-il. En plus d’un système de bonification et de gratification, le syndicat précité plaide notamment pour une augmentation de 20 à 25 % du taux financier annuel de promotion par l’ancienneté et de 10 à 15 % par les examens professionnels. Ceci, en plus d’une réduction de 8 à 6 ans de l’ancienneté requise.
La situation des mis en disposition de l’administration de la Conservation foncière par d’autres départements publics, le ministère de l’Agriculture entre autres pose également problème. « Il n’y a aucune raison valable qui pousserait la direction à les rediriger vers leur administration d’origine alors qu’ils ont passé de nombreuses années à la Conservation foncière », estime Benacher Tahaf. Sans oublier les demandes propres à chaque corps (techniciens, architectes, ingénieurs, contrôleurs) et l’intégration de tous les agents temporaires dans le projet de statut. Toutes ces revendications, ainsi que les derniers développements de ce bras de fer entre personnel et direction seront à l’ordre du jour de la réunion de la Commission nationale dudit syndicat qui se tiendra le jeudi 23 juin à Rabat. Auparavant, ils ont été discutés vendredi 17 juin avec Mohand Laenser, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Pêches maritimes. Ce dernier a d’ailleurs promis de jouer le rôle de médiateur entre les deux parties pour débloquer une situation qui n’a que trop duré. En attendant, ce sont les usagers de ce service public qui peinent pour régler leurs affaires. Avec deux à trois jours d’arrêt de travail par semaine, les retards s’accumulent, d’où l’urgence de trouver une solution à ce conflit.

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