«Nous ne sommes pas prêts pour 2010»

«Nous ne sommes pas prêts pour 2010»

Aujourd’hui Le Maroc : la Journée nationale de l’architecte sera fêtée vendredi prochain sous le thème «Les architectes face à l’échéance 2010 », pensez-vous que la profession sera prête pour la libéralisation des services ?
Fouad Akalay : Pas du tout puisque pour le moment, alors que la profession est à cinq années de cette échéance qui prévoit la libéralisation de l’accès aux services, rien n’a encore été fait. Notre pays a signé des accords internationaux en la matière qui interpellent notre profession entre autres, mais le corps architectural ne s’est jamais réuni à ce sujet. C’est pour cela que consacrer la Journée nationale de l’architecte vendredi 14 janvier à Tanger est important, même si l’initiative arrive en retard. Dans d’autres corporations de métiers, il y a longtemps que des contacts ont été pris avec les responsables gouvernementaux pour protéger ces professions.
C’est notamment l’exemple de la Fédération nationale du bâtiment et des travaux publics (FNBTP) qui a signé, il y a de cela quelques mois, un contrat programme avec le Premier ministre dont les principaux articles concernent la protection de l’entreprise marocaine.
Quelles sont les implications de la libéralisation des services sur la pratique professionnelle architecturale au Maroc ?
Il n’est un secret pour personne que cette libéralisation constitue un danger pour la profession, et ce pour de nombreuses raisons. Quand on parle de libéralisation, il faudrait se mettre dans la tête qu’en 2010, des bureaux d’architecture étrangers, espagnols, français ou italiens, pour ne citer que ceux-ci, peuvent s’installer au Maroc. La concurrence n’en deviendra que plus rude.
Or, il se trouve que ces architectes étrangers ont de sérieux atouts, dont le plus important est celui de la spécialisation. Au Maroc, la profession architecturale demeure générale. Certes, un architecte, à la sortie de l’école, est en mesure d’établir n’importe quel plan, mais la complexité des tâches qu’il doit assumer lui demande un savoir-faire supplémentaire ou un service optimal.
La tendance à l’internationale est la spécialisation, notamment en habitat social, en hôtellerie ou en locaux commerciaux. En ce qui concerne ce dernier exemple, c’est un métier à part entière qui prend en considération les différentes exigences du merchandising, la situation du local…. Et il se trouve qu’au Maroc, nous ne disposons pas de ce genre de savoir-faire, d’où la gravité de la situation.
Que faudrait-il faire actuellement pour préparer la profession à faire face aux défis de cette échéance ?
Vous savez, tout le monde a tendance à penser que lorsqu’il s’agit des implications de la libéralisation à l’horizon 2010, il n’y a que le secteur industriel qui est concerné. Ce qui est totalement faux.
Les architectes sont tombés dans ce piège aussi. C’est pour cela qu’il faudrait commencer par une prise de conscience de la part des architectes de la gravité de la situation et de l’urgence d’intervenir.
Dans cette optique intervient l’organisation de la Journée du 14 janvier, tardive certes mais qui poussera le corps professionnel à réfléchir sur les mesures nécessaires.
Cette responsabilité incombe aux élus des architectes qui n’ont pas tiré la sonnette d’alarme plus tôt et par conséquent engendrer la mobilisation générale de la profession, comme c’est le cas dans d’autres domaines.

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