Placements douteux

Placements douteux

Dans notre pays, ce sont quelque 600.000 logements qui restent sans habitant. Non qu’ils sont déficients ou qu’ils n’offrent pas le confort rudimentaire d’une habitation, mais c’est tout simplement la volonté de leurs propriétaires. Ces derniers se contentent de construire ou d’acquérir un logement, sans pour autant en bénéficier. «C’est une pratique qui est devenue monnaie courante dans notre pays, surtout dans les grandes villes.
De plus en plus d’appartements, tous standings confondus, sont fermés. Leurs propriétaires ne veulent même pas les louer», estime Saïd Ourtaj, responsable d’une agence immobilière casablancaise. C’est un phénomène qui touche toutes les régions du Royaume. La capitale économique compte près de 100.000 logements non habités, la région du Souss 80.000, Oujda et l’Oriental 40.000, sans oublier les lots de terrain «gelés» et qui n’ont pas été viabilisés. Et les causes de ce phénomène sont multiples. Il y a bien évidemment le blanchiment de l’argent sale, découlant de toutes sortes de trafic. «A chaque fois qu’il s’agit d’investissements immobiliers très lourds et qui ne représentent aucune visibilité, on pense systématiquement au blanchiment d’argent», estime l’agent immobilier. Mais ce n’est pas tout. Une grande partie de ces logements inoccupés est la propriété de Marocains résidants à l’étranger qui n’y demeurent que quelques semaines par année. « Certains préfèrent les louer afin de fructifier leur investissement. D’autres non. Les tracas et les problèmes qui peuvent surgir avec les locataires les en dissuadent ».
Ces logements inoccupés posent un autre problème. Le nombre de logements inoccupés en milieu urbain (600.000) équivaut au déficit enregistré sur le plan national en matière d’habitat. Selon des statistiques officielles, 40% de l’habitat est insalubre et quatre millions d’habitants y vivent. Les défis posés par le secteur de l’habitat imposent aujourd’hui une révolution dans les méthodes d’approche de cette problématique.
Ce dysfonctionnement que connaît le secteur concerne tout le monde. La solution, selon un responsable de l’agence urbaine de Casablanca, réside dans une planification urbaine flexible susceptible d’accompagner l’évolution de la cité et la promotion d’un partenariat «responsable et efficace» où prime la complémentarité et non la concurrence entre les secteurs public et privé. «On ne pourrait accéder à cet objectif sans développer le partenariat avec les coopératives d’habitat», explique-t-il.

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