Plateaux bureaux : Les paradoxes d’un marché

Combien de sociétés se créent par jour ? Les responsables des centres d’investissements sont les plus habilités à répondre à cette question. Le marché de l’immobilier à usage de bureaux demeure toutefois un bon indice. A Casablanca par exemple, ce marché-là a deux types de clientèle bien distincts. Le premier, adepte de la location, est composé de professions libérales et cherche un petit local dont la superficie varie entre 60m2 et 100 m2. «Cette clientèle a un souci d’économie et cherche des locaux à usage de bureaux à moindre prix. C’est pour cela qu’il a, dans la plupart des cas, recours aux bureaux dans des immeubles résidentiels, même si ceci pose des problèmes de co-propriété et nécessite une autorisation préalable du syndic de l’immeuble», estime Fatiha Jamil, gérante de l’agence immobilière Mafa Immob. L’autre catégorie de clientèle, beaucoup plus prestigieuse est composée des grandes entreprises nationales et internationales qui ont le souci de soigner leur image de manque.
Pour les satisfaire, des immeubles modernes offrant de grands plateaux bureaux poussent comme des champignons dans la métropole économique. Cette nouvelle génération de bureaux a été inaugurée par «Le Zénith» sur la route d’El Jadida à Casablanca. Ce complexe d’immeubles a révolutionné la conception des locaux à usage de bureaux. En effet, en 1998, peu d’entreprises étaient implantées sur cette zone. Aujourd’hui, ce lotissement est désormais considéré par beaucoup comme le technopôle de la capitale économique du Royaume. D’autres poussent même le parallèle jusqu’à le comparer à la célèbre «Silicon Valley» californienne. «A ces sociétés, nous essayons de faire une offre globale et moderne répondant à un cahier de charge précis», estime un professionnel du secteur. Les principes de succès d’un local à usage de bureaux sont partout les mêmes : efficacité, accessibilité, sobriété, élégance et performance. Tout est mis à profit. En ce qui concerne leur architecture notamment, les locaux flambant neufs entendent offrir à leurs clients un espace dont l’agencement s’articule autour de trois grands principes : modularité, flexibilité, communication, et ce pour permettre à l’entreprise d’agencer différentes surfaces et de les aménager à sa guise. Les plateaux prennent donc en compte les notions d’espace individuel et d’expression de la personne dans son cadre de travail.
Et pourtant, le marché est loin d’être animé. En effet, lors des six dernières années, les professionnels ont constaté un fort recul de la demande. «Mais paradoxalement, cette baisse de la demande ne s’est pas reflétée sur les prix qui n’ont pas bougé d’un pouce. Pour l’achat, un plateau bureau varie toujours entre 7.500 DH et 9.000 DH le mètre carré alors que pour le louer, la moyenne se situe entre 90 et 120 DH le mètre carré par mois», estime ce professionnel.

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