Tanger : De Haoumat N’sara à Al Khair

Tanger : De Haoumat N’sara à Al Khair

Tous les Tangérois connaissent « Haoumat N’sara », un bidonville qui s’est développé durant les années cinquante en plein centre de la ville du Détroit.
Pendant de nombreuses décennies, les centaines de ménages qui ont élu domicile sur ce site ne disposaient d’aucun équipement de base, ni assainissement ni électricité par exemple.
Vu le sensible emplacement de ce bidonville, il était urgent de mettre en place un programme de relogement ou de recasement des 386 ménages que comptait « Haoumat N’sara » en prenant en considération les conditions socio-économiques de ces ménages, vivant pratiquement tous de petits métiers du secteur informel.
Le programme a été mis en place par l’ancienne Agence nationale de lutte contre l’habitat insalubre (ANHI) en partenariat avec la municipalité concernée et visant l’éradication de l’ensemble des bidonvilles développés dans la commune urbaine de Bni Makada. Pour ce qui du transfert du bidonville « Haoumat N’sara », il a été programmé sur le lotissement intégré Al Khaïr 1 sur une superficie de 12,4 hectares et qui consacre 386 lots au relogement des ménages. Dix lots ont été en outre consacrés pour la réalisation des équipements socio-éducatifs de proximité. Il est à signaler que ce lotissement comprenait un total de 692 lots équipés.
Ambitieux au tout début, ce programme de recasement a par ailleurs rencontré de nombreux problèmes et difficultés se rapportant essentiellement au transfert des ménages sur le site d’accueil. Les familles intéressées, installées pour la plupart depuis très longtemps dans ce bidonville, ne voulaient pas remplacer un logement se trouvant en plein centre ville contre un lot de terrain beaucoup plus à l’écart.
En outre, leurs modestes revenus ne leur permettaient qu’une contribution très limitée à la réalisation de ce programme.
Pour faire face à ces difficultés, des comités ont été formés parmi les ménages concernés pour permettre l’adhésion et l’association des efforts et garantir l’éradication du bidonville. Ces comités de quartier coordonnés par les services locaux ont été organisés de façon à maîtriser tout le processus du transfert à travers de nombreuses actions.
D’abord le contrôle du nombre des bénéficiaires pour éviter toute augmentation dans leur effectif. Ensuite la prise en charge sociale pour garantir le transfert et l’acheminement des biens et des personnes sur le site d’accueil. Puis l’assistance technique sur le site d’accueil pour la matérialisation des lots.
Enfin le suivi de démolition des baraques évacuées pour la libération du site. D’autres dispositions parallèles, spécifiques au programme ont été accordées aux bénéficiaires, notamment en échelonnant leurs participations ou en délivrant gratuitement les autorisations de construire et les permis d’habiter.

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