Taza se met à niveau

Taza se met à niveau

Située à près de 300 km à l’Est de Rabat, la ville de Taza comptait, au début des années 80, plusieurs bidonvilles éparpillés dans le tissu urbain et abritant plus de 25.000 habitants (soit près de 25% de la population de la ville). Ces bidonvilles étaient implantés, pour la plupart, dans des sites inaptes à la construction. Pour faire face à cette situation, les autorités de la ville ont initié un programme, lancé en 1985, et qui avait pour objectif l’éradication de tous les foyers de l’habitat insalubre dans cette ville. Ce programme tournait essentiellement autour de l’attribution aux ménages des bidonvilles de lots équipés d’habitat dans le cadre d’opérations intégrées. Ces opérations mettent également sur le marché une offre destinée à d’autres couches sociales, en vue, d’une part, d’arrêter et prévenir la prolifération de l’habitat insalubre, et d’autre part, de dégager des ressources de préfinancement provenant des avances effectuées par les acquéreurs de lots de péréquation.
Initié par l’ex- ANHI (Agence nationale de lutte contre l’habitat insalubre, actuellement le holding d’aménagement Al Omrane), le programme comportait l’aménagement de sept lotissements totalisant 139 hectares pour l’aménagement de 6.279 lots d’habitat dont 3.458 pour le relogement de 4.508 ménages des bidonvilles. Au total, le programme a coûté 162 millions de dirhams (16,20 millions de dollars américains). Le financement des lots de relogement a été assuré grâce à la participation des ménages à hauteur de 50 %, le reste par le budget de l’Etat et par la péréquation. Et selon ses initiateurs, ce programme a été une réussite qui a dépassé les frontières du Maroc, puique de nombreuses organisations internationales, oeuvrant en matière de lutte contre l’habitat insalubre, s’en sont fait l’écho. D’ailleurs, la Commission des Nations unies pour les Etablissements humains, réunie en 1995 à Curitiba au Brésil, a décerné à ce programme le Prix d’honneur de l’habitat de l’ONU pour l’année 1995.
En moins de dix ans, le programme a donné ses fruits, mais cette réussite n’aurait pu être au rendez-vous sans la disponibilité de terrains de statut public et la conjugaison des efforts de plusieurs intervenants : la municipalité, l’autorité provinciale, les services locaux de l’habitat et l’ex-ANHI. La valorisation rapide des lots en un laps de temps aussi court (dix années) a été possible en raison du profil social des ménages dont 25% sont des Marocains résidant à l’étranger. Ce programme a eu un impact considérable sur l’activité économique et l’emploi, puisque l’investissement induit était équivalent à dix fois celui injecté dans l’infrastructure d’aménagement.

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