Une Fédération qui se lézarde

Une Fédération qui se lézarde

Le torchon brûle de nouveau au sein de la Fédération nationale de l’immobilier (FNI). Alors que les esprits semblaient se calmer entre les différents membres de cette organisation relevant de la CGEM, l’assemblée générale élective d’un nouveau bureau, qui s’est tenue lundi 22 novembre à Casablanca, a tourné au vinaigre. Elle a abouti à l’élection de Jawad Bennani Ziatni, promotteur immobilier de la ville de Fès, en tant que président avec Rachid Jamaï comme vice-président. Et c’est justement la composition de ce bureau qui n’a pas plu à tous les membres de la fédération.
L’Association des lotisseurs et promoteurs immobiliers de Casablanca (ALPIC) est même allée jusqu’à se retirer de la FNI. «L’ALPIC a constaté avec amertume que sa proposition d’un bureau consensuel n’a pu rencontrer d’écho favorable. La candidature de M. Bennani ne posait pas de problème dans la mesure où cette voie permettait de sortir de l’impasse.
Toutefois, cette candidature adossée et conditionnée par la présence de M. Jamaï dans le bureau en tant que premier vice-président nous ramenait à la situation antérieure particulièrement déplorable», peut-on lire dans un communiqué rendu public le week-end dernier. Pour l’association casablancaise, l’élection de la semaine dernière s’est déroulée «sans aucun suspense, puisque les promoteurs de Fès avec les associations d’experts, rentrés la veille et pour les besoins de l’élection précédente, totalisent à elles seules environ 55% des voix». «Cette manoeuvre verrouille complètement dans notre cas toute élection ou décision majeure de l’assemblée», estime une source au sein de l’ALPIC qui tient à préciser que la plupart des grands groupes immobiliers nationaux soutiennent ce retrait, notamment Addoha, Jet Sakane, El Fal, Opération Essalam, Echaraf pour ne citer que ceux-ci. Et d’ajouter : «L’ensemble de la profession est resté dans l’attente d’un nouveau bureau muni d’un programme consensuel qui constituerait une rupture avec les erreurs du passé pendant de longs mois. Malheureusement avec ce qui s’est passé la semaine dernière, nous nous apercevons que ce bureau élu n’est en fait qu’une continuité du précédent».
Un retrait qui, pour Rachid Jamaï, est inexplicable. «L’élection du nouveau bureau de la FNI s’est déroulée dans la légalité. Les représentants de la CGEM, de l’ancien bureau et quatre notaires ont supervisé cette opération de vote. Il est donc inutile d’en contester la légitimité», estime-t-il. «La FNI est une fédération nationale qui regroupe 17 associations représentant la totalité du territoire national. Le poids de chacune d’elle est le même malgré la différence du volume d’activités de chacune d’entre elles. Il est donc inadmissible d’accorder à l’ALPIC une importance plus grande que celle des autres associations », ajoute le nouveau vice-président de la FNI. « L’heure n’est pas aux retraits et aux différentes manoeuvres qui n’ont pour objectif que de mettre les bâtons dans les roues d’une profession qui doit faire face à de nombreux défis, à leur tête arrive le vaste programme national de l’habitat social », conclut-il. Pour mémoire, la précédente assemblée générale de la fédération avait buté, il y a de cela plus d’une année, sur cette même personne. Rachid Jamaï, président pour deux mandats successifs, ne pouvait se présenter pour un troisième (non conforme aux statuts de la CGEM). Pour sortir de cette impasse, un bureau provisoire avait été nommé présidé par Hassan Chami.

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