Une ville sans bidonvilles

Meknès est en train de se transformer. La cité ismaïlienne est en passe de devenir la première « ville sans bidonvilles » du Maroc. Les projets d’habitats qui ont été inaugurés par SM le Roi Mohammed VI ces derniers jours entrent dans ce cadre. Les projets de Riad Toulal et Riad Ouislane, inaugurés par le Souverain le 7 septembre, sont des preuves de l’engagement de la ville dans ce projet, qui tend à éradiquer définitivement l’habitat insalubre d’ici cinq années.
Les projets précités portent donc sur l’aménagement de 484 ha dans le cadre du bipôle Meknès-Fès. Le plus important concerne les communes urbaines de Meknès, Mechouar Stinia, Toulal et Ouislane qui comptent 9.688 logements non réglementaires, dont 5.522 bidonvilles, 3.430 habitats sous-équipés et 736 autres menaçant ruine. Et comme économique ne veut nécessairement pas dire sacrifier l’esthétique, une grande importance a été accordée à l’amélioration du paysage urbain par l’aménagement de bandes d’immeubles ordonnancés sur le plan architectural aux entrées de la ville et l’harmonisation des hauteurs et des couleurs dans la ville nouvelle. Ce programme vise en outre la dynamisation de la vie économique de ces communes.
En effet, en parallèle avec le programme d’habitat, un projet de création de nouvelles zones touristiques, d’animation et de loisirs dans ces vallées, ainsi qu’à Jnane Benhlima, est au programme. Le volet consacré à la cité ismaïlienne du projet «Villes sans bidonvilles» prévoit aussi la création de zones d’aménagement intégrées, sur 300 ha de terrains militaires, ainsi que le lancement de grands projets structurants concernant notamment le Palais de la foire, le marché municipal, le marché de gros et la Place Lahdim.
Meknès sera donc la première ville marocaine à réussir à se débarrasser de ce phénomène dont l’éradication est l’objectif numéro un de l’action gouvernementale. «Ville sans bidonvilles» est le reflet de cette volonté. Ce programme dont la réalisation a démarré cette année, s’étalera sur cinq ans. Il verra annuellement un certain nombre de villes déclarées «Villes sans bidonvilles». En tout, 67 villes du Royaume seront touchées soit plus de 201.000 ménages. 60. 000 d’entre eux sont concernés par des opérations en cours de réalisation. Pour sa mise en oeuvre, ce programme nécessite dans sa globalité la mobilisation de près de 2500 ha et un investissement global de l’ordre 7,3 milliards de dirhams dont, 3,3 milliards de subventions publiques. La première tranche a nécessité une enveloppe globale de l’ordre de 5 milliards de dirhams. Les opérations de recasement concernent 106.500 ménages répartis sur 10 villes, soit quelque 550.000 habitants, dont 46.000 ménages des bidonvilles. Meknès arrive bien évidemment en tête de liste des villes concernées par cette première tranche.
Autre spécificité de ce programme est qu’il tient compte des situations spécifiques, notamment les données relatives à la faisabilité des opérations de résorption (nombre total de ménages bidonvillois dans la ville, apurement du foncier, affectation urbanistique des terrains …). C’est qu’il ne s’agit pas systématiquement de relogement ou de recasement. De nombreuses actions de restructuration, qui ont pour objectif de doter les grands et moyens bidonvilles pouvant être intégrés au tissu urbain, en équipements d’infrastructures nécessaires (assainissement, voirie, eau potable, électrification), sont préconisées. Mais en général, ces opérations sont accompagnées de relogement ou de recasement.
Cette dernière opération concerne essentiellement les ménages des petits bidonvilles. Elle leur permet l’accès à la propriété de lots d’habitat social (de superficie comprise entre 64 et 80 m). Les familles se chargent elles-mêmes de construire leur maison dans le cadre de lotissements à équipement préalable ou progressif. Cette option est financièrement plus adaptée aux possibilités et au rythme d’épargne des ménages à ressources limitées, ce qui ne les empêche pas de loger dans un cadre agréable, assurant la sécurité et la santé des habitants ainsi que le développement harmonieux des villes.

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