Une volonté en acier

Une volonté en acier

ALM : Quelle enveloppe budgétaire a été impartie à votre département dans la lettre de cadrage du Premier ministre ?
Toufiq Hjira : La taille de cette enveloppe ne conditionne pas les actions entreprises par le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme. Si on compte seulement sur l’argent de l’Etat, on initiera des politiques timorées. Le budget de notre ministère varie entre 300 et 350 millions de DH. Mais il est consolidé par un milliard de dirhams que nous percevons de la taxe sur le ciment.
Vous intervenez dans quels secteurs prioritaires avec cet argent ?
Grâce à ce milliard, on finance le programme de lutte contre l’habitat clandestin, la résorption des bidonvilles et les fonds de garantie pour l’habitat insalubre. La première tranche de ce vaste programme a été présentée cet été à Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Et elle concerne 106 500 ménages. Certains d’entre eux seront relogés, d’autres bénéficieront de l’attribution de lots de terrains. Le fin mot de l’histoire est de réduire chaque année le déficit de 1 240 000 unités en milieu urbain.
Et comment pensez-vous atteindre cet objectif?
J’insiste sur ce point : le problème du ministère de l’Habitat n’est pas lié à des questions d’argent, mais à des dispositions facilitant l’encouragement de partenaires pour aider l’Etat dans son effort à doter tous les Marocains de logements dignes. A ce sujet, nous attendons de nouvelles dispositions dans la loi de Finances 2005, afin de permettre au secteur privé de maintenir le cap du boom immobilier.
Qu’attendez-vous précisément de cette loi de Finances ?
Plus de mesures incitatives pour encourager la promotion immobilière. Le secteur privé attend, réclame de nouvelles dispositions, des innovations pour être un acteur principal de l’essor immobilier. Au ministère, nous avons établi des partenariats avec le privé. Ils fonctionnent très bien. On donne du foncier public à des taux avantageux, et le privé fait le reste.
Quel regard portez-vous sur le secteur privé?
Il est jeune et très courageux. Mais il reste petit. Il est bien représenté dans de grandes villes comme Casablanca, mais très peu entreprenant dans d’autres régions. Quand l’Etat met du foncier à la disposition de ce secteur, il l’encourage et appuie ses actions. Mais ce n’est pas suffisant! De même que les promoteurs immobiliers attendent des innovations de l’Etat, l’Etat attend d’eux plus de professionnalisme.
A propos d’attente, à quand l’adoption du projet de loi n° 04-04 édictant diverses dispositions en matière d’habitat et d’urbanisme?
Je vais le défendre la semaine prochaine auprès des députés. C’est un texte ouvert aux débats, aux échanges d’idées, à la négociation. Tout ce qui est de nature à l’enrichir est le bienvenu. Tout ce qui peut être élagué le sera. La seule ligne rouge, ce sont les instructions de Sa Majesté le Roi relatives à la lutte contre l’habitat insalubre. A cet égard, je ne défendrai pas un texte figé, mais des principes constants. Et je pense que les députés saisissent parfaitement l’urgence de mettre un terme à l’habitat clandestin et insalubre.
La lutte contre l’habitat insalubre ne relève pas seulement de votre département…
Bien sûr ! L’habitat est un domaine transversal et sa réussite dépend de la synergie de plusieurs départements du gouvernement. Si cette synergie existe, on réussit notre pari. Si elle fait défaut, on échoue. Pour donner une idée de l’importance de cette synergie, aujourd’hui la lutte contre l’habitat insalubre dépend du wali, du président de la commune, des élus locaux et va jusqu’au propriétaire du terrain. Tous ces intervenants sont des acteurs de la promotion immobilière.
L’habitat est aussi une priorité définie par le Souverain.
Et nous sommes fiers de l’intérêt que Sa Majesté le Roi Mohammed VI accorde à ce secteur. A preuve, le nombre de chantiers lancés par le Souverain. Cet intérêt suffit seul à montrer l’importance de l’Habitat pour le développement du pays. Nous y puisons notre enthousiasme et l’obligation de se mobiliser davantage pour répondre aux attentes de notre Roi.

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