Urbanisme : la fin de l’anarchie

Urbanisme : la fin de l’anarchie

Taoufik Hejira en a fait l’un des objectifs primordiaux de son mandat. L’élaboration d’un Code de l’urbanisme est sur le point d’aboutir. C’est ainsi que la saison estivale a connu la tenue de plusieurs réunions entre responsables du ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme et différents représentants des différents corps des métiers du secteur, architectes notamment.
L’objectif en est de lancer le débat et de sonder les attentes de ces professionnels quant à l’élaboration d’un texte juridique qui serait la refonte de toutes les lois et règlements régissant le domaine. Une seconde série de réunions qui ont été organisées quelques mois après une première consultation qui a concerné également différents experts internationaux, Français et Espagnols notamment, qui ont été conviés à exposer les expériences de leurs pays en la matière. «Cela fait effectivement plusieurs mois que nous réfléchissons ensemble à un code de l’urbanisme, une sorte de charte qui serait globale et dont les dispositions toucheraient l’ensemble du secteur», explique Taoufik Hejira, ministre délégué chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme qui précise que le lancement officiel de l’élaboration de ce code est pour le 3 octobre prochain.
Il s’agit donc de mener une réflexion globale devant aboutir à une refonte de textes de loi qui régissent le secteur de l’habitat et de l’urbanisme actuellement. Entre lois et règlements, les professionnels perdent parfois le cap et ce n’est pas pour faciliter l’investissement immobilier dans notre pays.
Les différents acteurs de la scène urbanistique nationale sont ainsi invités à se pencher sur la mise en place d’un texte global qui remplacerait les lois existantes trop disparates et qui constituent toujours un sérieux handicap pour la dynamique d’habitat que connaît le Maroc et qui vise à absorber le grand déficit enregistré en la matière. Ce changement ne sera cependant pas pour bientôt.
Après cette période de réflexion et de concertation entre les différents acteurs du secteur qui sera amorcée en début du mois d’octobre prochain, les experts se pencheront sur la mise en place effective du texte. «Une seconde période délicate vu qu’il ne s’agit pas d’un simple texte de loi qui viendrait abroger ou compléter un texte déjà existant, mais d’un texte qui a pour objectif de changer des habitudes et de chambouler tout un système», tient-on à préciser au sein du département ministériel de tutelle, avant d’ajouter qu’il s’agit-là d’une approche de modernisation de textes juridiques qui chamboulerait le paysage urbanistique national. «C’est un grand chantier à ouvrir mais qui demeure à notre portée de main, du moment que la volonté commune y est», précise-t-on.
Les professionnels sont unanimes quant à la nécessité de l’élaboration de ce code. Tous se félicitent de cette action qui ne manquera pas de métamorphoser leurs pratiques professionnelles pour les dizaines d’années à venir.
Il s’agit d’ailleurs-là de l’une de leurs attentes en ce qui concerne la modernisation du secteur et qui toucherait l’ensemble des professions concernées. « Il n’est un secret pour personne que ce dont le secteur a besoin est un code de l’urbanisme en bonne et due forme qui puisse regrouper la panoplie des textes de loi qui régissent le domaine.
L’initiation d’un débat de préparation d’une Code de l’urbanisme est salutaire», estime l’architecte Ouadiî Soubat, membre du Conseil national de l’Ordre des architectes. Et d’ajouter : «Le ministère, en initiant une profonde réflexion avec tous les intervenants dans ce secteur, veut les impliquer tous dans cette tâche qui concerne l’avenir de l’habitat au Maroc». Pour cet autre architecte, le nouveau Code mettrait fin à cette cacophonie des lois du secteur.
«Mêmes les juristes se perdent dans les dédales des lois actuelles dont certaines datent des années 20 et d’autres beaucoup plus récentes. Le Code de l’urbanisme serait accessible à tous et éviterait la confusion qui existe actuellement. Le Maroc a besoin d’un code de ce genre qui puisse être un outil de développement, et tout le monde, ministre en tête en est conscient», souligne-t-il.
Devenue nécessaire, l’élaboration d’un texte juridique plus ferme et plus global pour mettre une fin aux dépassements et agissements qui ont miné le secteur pour de longues années et abouti à l’anarchie qui n’a que trop longtemps duré.

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