Villes nouvelles : Le ministère de l’habitat détermine ses priorités

Villes  nouvelles :  Le ministère de l’habitat détermine ses priorités

La tutelle met résolument l’accent sur l’amélioration du transport

Entre la multitude de chantiers de mise à niveau lancés, il y a de quoi perdre le fil, ce qui a poussé le ministère à short-lister des projets parmi les plus urgents au niveau de chaque pôle.

Le ministère de l’habitat établit ses priorités pour les villes nouvelles. Il y a quelques années, le département de Nabil Benabdellah a mis en place des plans de relance pour ces nouveaux pôles principalement pour combler le retard accumulé en matière de services et d’infrastructures publics. Mais entre la multitude de chantiers de mise à niveau lancés, il y a de quoi perdre le fil, ce qui a poussé le ministère à short-lister des projets parmi les plus urgents au niveau de chaque pôle. S’agissant de la ville nouvelle de Tamesna, aux abords de Rabat, dont le plan de relance a été mis sur les rails en 2013 pour une enveloppe de 538 MDH, l’Habitat met résolument l’accent sur l’amélioration du transport. Celui-ci étant présenté par le département comme la plus grosse tare actuelle du nouveau pôle.

Le ministère a ainsi érigé en priorité l’ouverture de la voie de liaison entre Tamesna et Rabat (RP 4018) qui devrait partir de la ville nouvelle pour déboucher sur le carrefour Mehdi Ben Barka. Un premier tronçon de 2,7 km sur cette route qui devrait totaliser plus de 13 km a été achevé en 2015 déjà reliant la ville nouvelle à l’échangeur Tamesna au niveau de l’autoroute de contournement de Rabat. L’on s’est attaqué ensuite à une deuxième portion de 4,3 km, tandis qu’un dernier tronçon de 6,3 km bouclera la boucle. Jusqu’il y a quelques semaines la 2ème tranche de la voie était avancée à plus de 70% et le marché pour la réalisation de la dernière partie était en cours d’attribution.

Il faut préciser que les choses ont traîné en longueur pour le dernier tronçon du fait que deux options ont dû être étudiées pour sa réalisation: l’élargissement de l’avenue Omar Ibn Al Khattab au niveau du quartier Al Maghrib Al Arabi ou le passage à travers la ceinture verte de Rabat. A côté de cela, une deuxième priorité arrêtée pour la ville nouvelle porte sur l’amélioration du transport en commun à l’intérieur de la ville et entre Tamesna et Rabat. Depuis 2013 déjà le ministère de l’équipement s’était engagé dans le cadre du plan de relance de Tamesna à plancher sur la question dans le cadre d’une étude sur la mobilité et le déplacement urbain dans la région. Entre autres mesures concrètes prises depuis cette date, la mise en place de nouvelles lignes de bus, un effort qui devrait vraisemblablement s’accentuer sur les mois à venir au vu de l’importance qu’accorde le ministère à cette question.

Vient ensuite la ville nouvelle de Tamansourt près de Marrakech qui profite depuis 2014 d’un plan de relance encore plus ambitieux d’une enveloppe de près de 1,4 milliard DH. Sur la multitude de projets programmés dans ce sillage, le ministère de l’habitat concentre aujourd’hui ses efforts d’abord sur l’élaboration d’une étude de repositionnement de la ville.

Il s’agit spécifiquement de réfléchir à sa vocation, ses fonctions ainsi qu’aux adaptations à apporter au plan d’aménagement de ce pôle qui s’étend sur 2000 Ha.

Deuxième priorité fixée, l’Habitat veut faciliter les déplacements entre le nouveau pôle et Marrakech spécifiquement en mettant en place un bus à haut niveau de service, dont la fréquence est habituellement régulée pour être élevée aux heures de pointe tout en demeurant acceptable aux heures creuses. Enfin le ministère a dans l’idée de s’appuyer davantage sur la nouvelle zone industrielle et d’activité de la ville pour en renforcer la vocation économique.

Pour la ville nouvelle de Lakhyayta le chantier le plus crucial, selon le ministère de l’habitat, consiste à repositionner la deuxième tranche de la ville nouvelle située à 25 km de Casablanca portant sur 1.308 hectares.

Le département de tutelle a approché les  autorités de la région et les départements concernés pour réfléchir au rôle de la ville nouvelle par rapport à Casablanca: extension de la zone d’activité de Sidi Maarouf, grands équipements sportifs…   

Plus de 10 villes nouvelles au Maroc depuis 2004 et d’autres à venir

Depuis la mise en place en 2004 d’une stratégie dédiée aux villes nouvelles qui avait identifié à l’époque une quinzaine de nouveaux ensembles urbains potentiels, dans la périphérie de grandes agglomérations,   une dizaine de nouveaux pôles ont effectivement vu le jour.

Quatre d’entre eux sont portés par l’aménageur public Al Omrane, à savoir Tamesna près de Rabat, Tamansourt à la périphérie de Marrakech, ainsi que Chrafate et Lakhyayta appelées à devenir des villes satellites de Tanger et Casablanca respectivement.

D’autres pôles se rajoutent au lot, à savoir la ville nouvelle de Zenata initiée par la CDG ou encore le pôle urbain de Mazaga et la Ville Verte Mohammed VI, qui sont tous deux le fait de l’Office Chérifien des Phosphates. De nouvelles expériences devraient encore se mettre en place sur les années à venir dont par exemple la Cité Mohammed VI Tanger Tech, développée par BMCE Bank et le groupe chinois Haite.

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