Villes sans bidonvilles : un an déjà…

Villes sans bidonvilles : un an déjà…

Il y a un an, le 22 juillet 2004, SM le Roi Mohammed VI donnait le coup d’envoi du programme national «Villes sans bidonvilles» en présidant la cérémonie de signature des contrats des deux villes de Rabat et de Salé. Douze mois plus tard, cet ambitieux programme visant à éradiquer toute sorte d’habitat insalubre, bidonvilles en tête, avant l’année 2010, s’est étendu à de nombreuses autres villes du Royaume. Et lors du Conseil de gouvernement de jeudi dernier, le ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme a présenté un exposé faisant le bilan de ce programme. Et les chiffres évoqués sont éloquents.
Les différents projets lancés dans le cadre de ce programme national devront, à terme, toucher près de 212.000 familles dans 70 villes du Royaume avec un coût global de 17,1 milliards de dirhams dont 5,4 milliards pris en charge par l’Etat. Une année uniquement après son lancement, le programme a d’ores et déjà concerné près de 60 % de l’ensemble des quartiers bidonvillois à l’échelle nationale.
Un taux qui représente une quarantaine de contrats-villes signés. A rappeler la démarche suivie lors de la réalisation de ce programme qui associe tous les partenaires intéressés, départements ministériels, entreprises publiques, secteur privé et associations avec pour objectif l’éradication totale des bidonvilles. A son lancement, le programme «Villes sans bidonvilles» se répartit en deux catégories de projets, ceux déjà conventionnés et ceux qui sont à programmer. Les projets déjà conventionnés concernent des opérations subventionnées par l’Etat et dont l’exécution a déjà fait l’objet de conventions entre le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme et les organismes sous sa tutelle, essentiellement la holding d’aménagement Al Omrane, les Erac et les différents opérateurs relevant de la CDG.
Ces opérations concernent près de 68.290 ménages dont 7.600 ont bénéficié d’opérations de recasement ou de relogement. Quant aux nouvelles opérations à programmer, elles intéressent près de 144.030 ménages et seront engagées entre 2004 et 2005. Lors de son exposé-bilan, Taoufik Hejira a également fait état de la démolition de plus de 173.000 bidonvilles et le relogement des familles concernées. «Etant donné que la première année a été consacrée à la conclusion d’accords, à la mobilisation de l’immobilier, au financement, aux études, à la coordination des efforts des partenaires et à l’obtention de l’adhésion des habitants, dans les prochaines années, il sera procédé à la généralisation du programme au niveau national et à l’accélération du rythme de démolition des baraques et de relogement des familles concernées», a rappelé le ministre délégué chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme dans des propos relayés par l’agence MAP.
Ces réalisations ont cependant souffert de plusieurs problèmes se rapportant essentiellement à la mobilisation de supports fonciers et de moyens financiers et d’implication des communes. Pour ce qui est des premières difficultés, elle ont notamment trait à la cherté du terrain dans les villes, l’épuisement des réserves foncières publiques dans les périmètres urbains et le développement de filières irrégulières de production, d’occupation et de gestion des terrains pour l’habitat. Au niveau réglementaire, la réalisation des options retenues par les documents d’urbanisme est souvent entravée par la complexité de procédures contraignantes ne favorisant pas l’ouverture à l’urbanisation de nouvelles zones, alors que certains plans d’aménagement sont inadaptés aux objectifs des programmes de lutte contre l’habitat insalubre.
Il est à signaler que quelque 230.000 ménages vivent dans des bidonvilles au Maroc, selon le ministère chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme. Ce constat peu reluisant reflète une réalité qui, loin de représenter un défi insurmontable ou une situation ingérable pour les autorités, a déclenché une lutte acharnée contre l’habitat insalubre, mobilisant ainsi d’énormes fonds publics au point où l’éradication de ce fléau est devenue une priorité nationale.

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