Youssef Ibn Mansour: «Le marché est plus favorable maintenant pour l’offre»

Youssef Ibn Mansour: «Le marché est plus favorable maintenant pour l’offre»

Entretien avec Youssef Ibn Mansour, président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI)

Il y a une grande offre qui existe en ce moment. Du coup les futurs acquéreurs peuvent aisément négocier les prix. Chose qui ne s’est jamais bien présentée comme aujourd’hui.

ALM : Le SMAP est devenu le point de rencontre de tous les professionnels. Quel regard portez-vous sur cet événement ?

Youssef Ibn Mansour: Le rendez-vous de Paris a toujours eu du succès auprès des opérateurs marocains qui y participent régulièrement. C’est une bonne occasion pour rencontrer les membres de la communauté marocaine à l’étranger et également de se rapprocher de la clientèle étrangère. Certes, un ralentissement des transactions a été observé durant les dernières années. Mais cela n’a pas découragé les promoteurs marocains à venir proposer leur offre. Le SMAP reste quand même un important rendez-vous commercial.

Comment expliquez-vous la baisse de transactions constatée ?

C’est un recul conjoncturel. La communauté marocaine à l’étranger a subi de plein fouet l’effet de la crise. Ceci a forcément impacté le pouvoir d’achat des MRE dont une grande partie a connu des difficultés au niveau de l’emploi.

Ce contexte a fait que pas mal de Marocains ont reporté leur acte d’achat, et ce du fait que la conjoncture économique ne s’y prêtait pas.

Et comment se porte le secteur au niveau national ?

Les choses se passent dans la continuité des deux dernières années. Nous constatons un recul de l’activité. Cependant, il y a des frémissements de reprise au titre de l’année 2017. Cela reste variable d’une région à une autre et d’un segment à un autre. On peut observer une reprise de transactions dans des zones comme on peut complètement noter des replis importants sur d’autres villes. Cela reste contrasté.

Qu’en est-il de la demande au niveau de l’offre à l’échelle nationale ?

Il y a une grande offre qui existe en ce moment. Du coup les futurs acquéreurs peuvent aisément négocier les prix. Chose qui ne s’est jamais bien présenté comme aujourd’hui.

On enregistre de plus en plus de programmes. C’est une importante caractéristique du marché national ces deux dernières années. Nous construisons beaucoup, et ce quel que soit le secteur. En contrepartie la demande a fléchi du fait que l’on a distribué moins de crédits. Donc le marché est plus favorable maintenant pour l’offre que pour la demande. Il est ainsi prioritaire de renforcer la capacité d’épargne et de remboursement des ménages. Il faut que les Marocains puissent contracter des crédits. Pour ce faire, les banques doivent revoir  leurs critères de sélection de dossier. Il n’y a pas d’autres solutions que de faciliter l’accès des  ménages au financement pour qu’ils puissent acquérir des biens immobiliers.

Que recommandez-vous aux futurs acquéreurs?

Il faut qu’ils sachent que c’est le moment d’acheter. Nous disposons d’une offre assez diversifiée, favorable à toutes les bourses. Ainsi, tout le monde peut trouver le produit qui lui convient et en fonction de son budget, abstraction faite de l’offre destinée aux classes moyennes qui sont dans les grandes villes où il y a un véritable problème d’adéquation entre l’offre et la demande. Notons qu’après une période de difficulté conjoncturelle, le marché locatif prend le relais. Les ménages trouvent refuge dans ce marché en attendant d’améliorer leurs possibilités d’épargne. Le marché du locatif existe au Maroc mais il n’est pas très développé, ce qui fait que la seule alternative qui existe aujourd’hui est celle d’acheter. Cependant pour acheter, bien entendu il faut avoir les moyens pour faire des avances qu’il faut et supporter les crédits, etc.

Et où se positionnent les promoteurs privés dans toute cette dynamique?

Les promoteurs suivent la tendance du marché. Lorsqu’il est favorable ils investissent, sinon ils restent en situation d’attentisme jusqu’à ce que les choses s’améliorent. On ne peut pas continuer d’investir alors que le marché n’est pas là. Il faudrait que le secteur réponde favorablement, dans ce cas-là on peut s’y mettre et continuer à lancer des programmes. Espérons qu’avec ce nouveau gouvernement tous les chantiers qui ont été proposés par les professionnels seront maintenus. Ils portent essentiellement sur les produits de la classe moyenne.

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