Incendie du bus de la ligne 50 : m’dina bus s’explique

Incendie du bus de la ligne 50 : m’dina bus s’explique

C’est la deuxième fois en moins de 10 jours

«L’affaire est prise au plus grand sérieux parce qu’il s’agit notamment de la sécurité des citoyens et celle du personnel de m’dina bus. Une analyse profonde est en cours pour déterminer les causes exactes».

Dimanche 17h20. Le boulevard d’Anfa a été le théâtre d’un incident qui aurait pu virer au drame. Un autobus a pris feu en pleine artère casablancaise. Il s’agit de la ligne 50 de m’dina bus reliant le boulevard d’Anfa au quartier El Oulfa. Grâce à la réactivité du conducteur, le malheur a été évité. Bilan : de lourds dégâts matériels mais aucune victime à déplorer. «Heureusement les passagers sont sortis indemnes de cet incident. Le conducteur, doté d’un grand professionnalisme, a procédé à l’évacuation des voyageurs de l’autobus dès constatation du début du feu», explique à ALM Moulay Youssef El Ouadghiri Idrissi, directeur du capital humain et porte-parole de m’dina bus, précisant qu’une réunion de l’ensemble du management de la société a eu lieu juste après pour déterminer les  causes de cet incident.

Coïncidence ou ironie du sort ? Cet incendie n’est pas l’unique accident qu’a connu la société du transport urbain de Casablanca en moins de 10 jours.  Le même scénario s’est produit le vendredi 30 décembre 2016. Un incendie s’est déclaré, en début d’après-midi, dans un bus sur la ligne 67, au niveau de Hay Chifa sans causer de blessés. «Dès que le conducteur s’est aperçu du début de l’incendie, il a prioritairement procédé à l’évacuation du véhicule puis s’est servi de l’extincteur de bord pour essayer de maîtriser le feu qui n’a été circonscrit qu’à l’arrivée des sapeurs-pompiers», avait révélé à ce propos m’dina bus. Une enquête a été immédiatement diligentée afin de déterminer  les causes de cet incident. Les premiers éléments révèlent qu’un court-circuit s’est produit suite à une coupure nette d’un câble d’alimentation. Les responsables de m’dina bus n’arrivent toujours pas à déterminer si c’est un acte de vandalisme ou autre. En tous les cas, l’hypothèse d’une défaillance technique n’est pas à écarter. «Nous n’écartons aucune éventualité et nous travaillons sur tous les fronts pour que ces incidents ne se reproduisent plus», précise le porte-parole de m’dina bus. Le représentant de la société indique par ailleurs que «l’affaire est prise au plus grand sérieux parce qu’il s’agit notamment de la sécurité des citoyens et celle du personnel de m’dina bus. Une analyse profonde est en cours pour déterminer les causes exactes et éventuellement les actions à entreprendre pour éviter ce genre d’incident».

Compte tenu de ces faits, n’est-il pas temps pour m’dina bus de renouveler son parc? «Malheureusement  cette problématique n’est pas d’actualité parce que la situation de l’entreprise est toujours la même. Nous sommes structurellement déficitaires», nous explique le porte-parole de m’dina bus. Et d’ajouter qu’ils attendent «les résultats de l’audit qui a été lancé par le comité de suivi  pour déterminer les  origines de ce déficit et procéder à une revue du contrat de gestion déléguée. Le but étant d’assurer  l’équilibre financier et de pouvoir aspirer au niveau  de qualité que m’dina bus souhaite pour tous les Casablancais». Comme nous l’avons signalé dans un article paru sur notre quotidien en avril dernier, le déficit financier de m’dina bus oscille entre 100 et 200 millions de dirhams.

L’entreprise compte un parc de 866 autobus desservant 70 lignes. Le nombre des déplacements effectués par jour avoisine les 500.000 voyages. Et pourtant l’offre en transport urbain reste toujours en dessous de la demande. «L’autobus ne représente que 14% du besoin en déplacement. Maintenant avec tous les travaux que connaît Casablanca et la complexité de l’environnement  cela complique davantage notre mission», déclare M. El Ouadghiri Idrissi.  Outre la révision du contrat de gestion déléguée, un autre défi reste à relever pour que m’dina bus puisse atteindre la qualité souhaitée et mettre en place une offre de transport digne des Casablanca. Il est question en effet de l’interopérabilité tram-bus. Une  alliance qui tarde à voir le jour. Le blocus réside dans la divergence des modèles de contrats. «Le tramway est subventionné, donc il n’a pas de risque commercial à encourir. Sur le risque industriel, il est rémunéré à base de kilométrage. Ainsi, si le tramway ne prend pas de client il est rémunéré sur le service, sans même parler des spécificités techniques du tram dont la voirie qui lui est dédiée», apprend-on du porte-parole de m’dina bus. Ne disposant pas des mêmes avantages, le bus est, en quelque sorte, lésé. L’urgence étant d’unifier les modèles de contrat pour trouver par la suite le mécanisme de subvention équitable entre le bus et le tramway.

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