Inflation : La zone euro doit faire face aux risques

Les gouvernements de la zone euro ne peuvent ignorer la poussée d’inflation perceptible dans leur pays avec une hausse des prix à la consommation au plus haut depuis plus de six ans, a estimé lundi le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. «Nous sommes confrontés au même dilemme que la Banque centrale européenne (BCE, dont la mission principale est de contenir la hausse des prix) nous ne pouvons ignorer les risques inflationnistes grandissants», a-t-il dit à la presse avant une réunion du forum des ministres des Finances de la zone euro qu’il préside, à Bruxelles.
«La croissance est solide mais elle ralentit un peu, nous devons faire face à ces risques», a ajouté le ministre des Finances luxembourgeois, alors que la poussée des prix en zone euro pourrait peser sur la consommation des ménages notamment. L’inflation dans les treize pays en zone euro, alimentée par la flambée du prix du pétrole et des denrées alimentaires, a atteint 3% sur un an en novembre, son plus haut niveau depuis six ans et demi, selon des chiffres publiés la semaine dernière.
Le ministre néerlandais des Finances Wouter Bos a abondé dans le sens de M. Juncker.
Interrogé sur le point de savoir s’il était davantage préoccupé par le ralentissement de l’activité observé en zone euro ou la poussée d’inflation, il a répondu: «l’inflation je pense». Toutefois, a-t-il ajouté, «ce n’est pas quelque chose face à laquelle nous sommes impuissants». Son collègue allemand Peer Steinbrück s’est montré au contraire serein, affirmant ne pas être inquiet, même si la première économie de l’UE enregistre une inflation record depuis plus de 13 ans. En revanche, il a semblé avoir changé d’avis concernant l’euro fort. Alors que jusqu’ici il assurait ne pas partager les inquiétudes françaises dans ce domaine, affirmant préférer "un euro fort à un euro faible", il a souligné lundi à son arrivée à l’Eurogroupe que «le taux de change du dollar et les prix (élevés) du pétrole pourraient peser sur le développement économique».
La vigueur de la monnaie unique, qui s’échangeait lundi à un peu moins de 1,47 dollar, pénalise les entreprises exportatrices européennes comme le groupe aéronautique EADS et sa filiale Airbus. Dans le même temps, elle permet d’alléger la facture pétrolière de l’Europe, libellée en dollars. Sur ce sujet, les gouvernements européens restent toutefois largement désarmés et veulent éviter une confrontation directe avec les Etats-Unis. «Nous sommes en contact étroit avec nos collègues américains, nous en avons discuté dans le cadre du G7», le forum des ministres des Finances des sept pays les plus industrialisés, s’est borné à dire Jean-Claude Juncker. «Mais nous ne voyons pas de nécessité d’organiser des déplacements particuliers aux Etats-Unis pour soulever le problème».

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