Informatique : La répression du « cyber-crime »

C’est un grand pas vers le durcissement de la répression des actes de «cyber-délinquance» dans les pays de l’Union Européenne. En effet, et selon les termes d’un projet de directive communautaire élaboré par la Commission européenne, les actes commis par des pirates informatiques et des auteurs de virus pourront être punis de un à quatre ans de prison ferme. Du jamais vu. Cette directive devra en outre harmoniser les législations nationales des 15 Etats-membres de l’Union en matière de lutte contre la cyber-criminalité.
La directive prévoit également des échanges d’informations sur les attaques contre les systèmes informatiques. Déjà, en 2001, trente pays avaient signé le traité contre la cyber-criminalité proposée à l’époque par le Conseil de l’Europe. Le traité vise à réprimer la fraude informatique et la diffusion de contenus illégaux, de virus et d’outils jugés « dangereux », tout en préservant la propriété intellectuelle sur Internet. Une année plutard, la directive Européenne vient donner le ton à l’action de lutte contre la cyber-criminalité. Ainsi, le texte définit le « piratage » comme le fait d’obtenir un accès non autorisé à un système informatique avec l’intention d’y causer des dommages ou dans un but de profit économique.
La Commission Européenne rappel par l’occasion que « les groupes organisés de pirates spécialisés dans l’intrusion et la dégradation de sites sont de plus en plus actifs au niveau mondial ». Dans un document rapporté l’agence Reuters, l’Union européenne a exprimé sa volonté de combattre ce qui est couramment appelé le « cybercrime », les pratiques d’intrusion, de détournement et de dégradation des réseaux informatiques, qui ont coûté plusieurs milliards de dollars de dommages dans le monde entier. Il faut dire que les évènements du 11 septembre ont donné un souffle nouveau aux actions de lutte contre toutes les formes la criminalité informatique.
Plus spécialement au Etats-Unis où les opérations de lutte contre la cyber-criminalité prennent de plus en plus d’ampleur. La semaine dernière, les autorités américaines ont réussi à démanteler un important réseau international de piratage de logiciels qui revendait principalement des applications Microsoft.
Une vingtaine de personnes, principalement des ressortissants taïwanais, ont été interpellées au cours d’une vague d’arrestations baptisée « Operation Cyberstorm » et menée jeudi dernier dans la région de San Francisco par les services fédéraux du FBI. Le réseau copiait les logiciels à Taïwan puis en vendait des copies illégales aux Etats-Unis et dans d’autres pays. Les logiciels piratés étaient notamment la suite bureautique Microsoft Office 2000 et le système d’exploitation Microsoft Windows NT, ainsi que les applications professionnelles d’imagerie et de conception web éditées par Adobe Systems, comme Adobe Photoshop, Adobe Illustrator et Adobe GoLive. Et chez nous ? Le piratage et la vente illégales des logiciels est une pratique courante. Et représente une véritable économie parallèle. Certes, le discours de lutte contre cette forme de criminalité existe. Sa concrétisation sur le terrain, elle, tard encore à venir. L’exemple européen devrait probablement inspirer nos responsables. Espérons-le…

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