Informatisation à deux vitesses

Informatisation à deux vitesses

L’Internet progresse dans les entreprises industrielles à une cadence assez contrastée . Selon le ministère du Commerce, le taux d’utilisation de la toile est passé de 43 à 59% en l’espace de trois ans. La messagerie électronique est le service le plus utilisé (80%), devant la recherche d’informations (68%), le transfert de fichiers (37%), la recherche de fournisseurs (37%) et la recherche des clients (35%). Le site web quant à lui, reste encore du domaine de luxe. A peine 11% des entreprises disposent d’une vitrine sur Internet, servant en général à diffuser des informations commerciales (67%). Les sites se limitent dans beaucoup de cas à une présentation sommaire et statique des entreprises. D’ailleurs, rares sont celles qui les utilisent pour recevoir des commandes en ligne. Il en est de même du paiement sécurisé par Internet, utilisé à moins de 2%. Ces données montrent que si l’entreprise marocaine est sur la voie de l’informatisation, elle est encore loin d’optimiser ses investissements en ligne. D’une manière générale, l’informatisation progresse mais avec d’énormes disparités d’un secteur à l’autre et suivant la taille de l’entreprise. Le budget alloué à l’informatique, relativement important pour les grands comptes, reste assez faible dans l’ensemble avec à peine 0,28% du chiffre d’affaires des industriels répertoriés comme utilisateurs du matériel informatique. Suivant les secteurs, les avancées ne sont pas les mêmes. Ce sont surtout les domaines de l’électricité et de l’électronique qui tirent leur épingle du jeu avec un taux d’encadrement qui dépasse 66%. Par contre, l’industrie des textiles et du cuir, tournée vers l’export, donc théoriquement la plus concernée par la mise à niveau, piétine, occupant la dernière place. Dans ce secteur, l’étude du ministère révéle que le rythme d’informatisation n’est pas assez soutenu surtout en matière d’encadrement (14%) et de la formation continue (18%). En outre, le contraste entre les grandes et les petites entreprises est assez palpable. Le taux d’informatisation est de 89% pour les premiers, alors que pour ce qui est des entreprises employant des effectifs inférieurs à 20 personnes et présentant un chiffre d’affaires inférieur à 2 millions de dirhams, la tendance est hésitante. Aussi, vu cette répartition de l’informatisation du tissu industriel, il est aisé de dire que les recrutements à venir dans les spécialités informatiques seront concentrés essentiellement dans les grands comptes. Les prévisions montrent que les entreprises au chiffre d’affaires supérieur à 2 millions de dirhams réserveront 49% de leurs recrutements prévisionnels à cette spécialité contre seulement 27% chez les petites structures. Toute obédience confondue, 41% des entreprises industrielles approchées dans le cadre de cette étude diligentée par le ministère de l’Industrie, du Commerce et des Télécommunications, continuent d’ignorer l’informatique. Les raisons sont diverses. Pas d’ordre technique, mais surtout par manque de conviction. Ainsi, 63% des entreprises n’utilisant pas les technologies nouvelles pensent n’avoir aucun besoin de l’informatique. Ce qui, selon le ministère, reflète l’ampleur des efforts à faire en matière de sensibilisation aux avantages liés à l’utilisation des technologies de l’information. Pour 15% des entreprises, la non utilisation de l’informatique répond surtout à un problème de priorité. Seuls 12% avancent le facteur coût de connexion comme handicap majeur. En conclusion, le secteur industriel au Maroc reste encore sous-informatisé avec une moyenne d’un ordinateur pour 13 personnes et une utilisation de logiciels qui ne dépasse pas 30%. Ce faible score explique en partie la lente progression du commerce électronique . L’utilisation de l’Internet est loin d’être généralisée.

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