Infrastructures : L’Afrique a besoin de 100 milliards de dollars par an

Infrastructures : L’Afrique a besoin  de 100 milliards de dollars par an

Le rideau est tombé sur la 11ème édition de la World Policy Conference

L’émergence de la Chine pourrait constituer un exemple pour les pays africains qui devraient également concentrer leurs efforts sur la stabilité politique, la paix et la sécurité, la réduction du gap en infrastructures, l’éducation et la formation des jeunes, l’amélioration du climat des affaires, l’industrialisation du continent, le maintien d’un cadre macroéconomique fort et l’accélération de l’intégration régionale.

Croissance de la population mondiale, tendance de plus en plus vers une bipolarisation sino-américaine, révolution numérique, montée des nationalismes, changements climatiques…Tels étaient en partie les défis majeurs discutés lors de la 11ème édition de la World Policy Conference (WPC) qui s’est tenue du 26 au 28 octobre 2018 à Rabat. Pas moins de 250 experts, décideurs et leaders d’opinions de plus de 40 pays se sont donc réunis à cette occasion afin de mener ensemble une réflexion sur les problématiques que connaît le monde. A l’ouverture de cet événement, Thierry de Monbrial, fondateur et président de la WPC, a expliqué que «le monde d’hier marque toujours notre présent de son empreinte. La technologie, disaient certains, allait abolir les frontières et favoriser l’avènement rapide d’une mondialisation heureuse. Au lieu de quoi on assiste à une exacerbation des réalités nationales, qui nous renvoie irrésistiblement aux deux siècles passés». Face aux contradictions du monde actuel et malgré les avancées réalisées, les pays africains peinent à se frayer un chemin vers la prospérité économique. «L’Afrique a besoin de 100 milliards de dollars par an pour répondre à ses besoins en infrastructures. A titre d’exemple, les 48 pays d’Afrique subsaharienne avec environ 800 millions d’habitants génèrent à peu près la même électricité que l’Espagne qui a une population de plus de 45 millions d’habitants», souligne Amadou Gon Coulibaly, Premier ministre de Côte d’Ivoire. Selon lui, l’émergence de la Chine pourrait constituer un exemple pour les pays africains qui devraient également concentrer leurs efforts sur la stabilité politique, la paix et la sécurité, la réduction du gap en infrastructures, l’éducation et la formation des jeunes, l’amélioration du climat des affaires, l’industrialisation du continent, le maintien d’un cadre macroéconomique fort et l’accélération de l’intégration régionale.

Prémices d’une guerre froide entre les USA et la Chine

Durant les cinq prochaines années, le monde devra faire face à de nombreux challenges dont la rivalité entre les Etats-Unis d’Amérique (puissance actuelle) et la Chine (puissance en devenir). La guerre commerciale lancée entre l’Empire du Milieu et les Etats-Unis sonne en effet comme le début d’une guerre froide entre les deux puissances mettant ainsi en doute la possibilité de voir un multilatéralisme s’installer. «Celui-ci ne peut s’accomplir sans les Etats-Unis», explique Kemal Dervis, ancien directeur du PNUD, ancien ministre des affaires économiques de Turquie et ancien vice-président de la Banque mondiale.

De son côté, Markus Noland, vice-président exécutif et directeur d’études au Peterson Institute for International Economics, souligne que la politique commerciale de Trump peut être considérée comme l’un des éléments d’une guerre froide plus large entre les États-Unis et la Chine. Lors de la première journée, les intervenants se sont également penchés sur le devenir du commerce international.

La manière avec laquelle les Etats-Unis déconstruisent les relations internationales fait qu’on bascule dans une incertitude globale qui impacte notamment le monde des affaires, selon Patrick de Castelbajac, directeur général délégué à la stratégie et à l’international d’Airbus.

En sa qualité de directeur général adjoint de l’OMC, Karl Brauner a pour sa part relevé que le mécanisme de règlement des différends a «connu un grand succès au cours des 23 dernières années dans l’OMC», précisant dans ce sens qu’il y a un fort niveau de coopération au sein de l’organisation. Quant à Suzane Hayden, ancien procureur principal du ministère de la justice des Etats-Unis et membre du conseil d’experts de PMI Impact, elle a déclaré que les pays et les industries devraient accorder une plus grande attention au commerce illégal qui affecte en fin de compte la stabilité du système économique indiquant que les partenariats public-privé font partie de la solution pour lutter contre le commerce illégal et le trafic.

«Migrations» : La collaboration entre le Maroc et l’Espagne en exemple

La question épineuse des migrations et de l’avenir du multiculturalisme a été abordée lors de cette 11ème édition. A ce sujet, Bogdan Klich,  sénateur, chef d’opposition au Sénat polonais et membre du Parlement européen, a mis en avant l’expérience du Maroc dans le domaine. «Le Maroc a pu accueillir plus de 50.000 migrants du Sahel et a pu collaborer avec l’Espagne sur cette question. C’est une réussite pour le Maroc et l’Espagne», estime-t-il. D’autres thématiques ont été mises en exergue au cours de cette édition telles que l’avenir de la Russie, la religion et la politique en Chine, l’impact d’un monde connecté sur la gouvernance mondiale, l’avenir de l’euro, l’initiative «One Belt One Road», les enjeux stratégiques de l’Europe et le problème de la Corée du Nord.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *