Inquiétudes autour de la reprise mondiale

Avec l’envol des cours du brut constaté depuis une semaine suite à la montée des tensions au Proche-Orient, la reprise de l’économie mondiale serait-elle sérieusement compromise ? Si la question est légitime, elle divise pourtant les analystes.
Si pour plusieurs d’entre eux, les cours actuels sont loin de remettre question le redécollage de l’activité économique aux Etats-Unis et en Europe, ils attirent toutefois l’attention, que si la montée de ces cours continue, on devrait s’attendre à une situation critique qui rappelle le choc pétrolier de 1973. En effet, au-delà de la fourchette 22-28 dollars par baril, fixée par l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole), aucune analyste n’est capable d’assurer la continuité de la reprise économique. Si l’on en juge par l’analyse de Morgan Stanley, un baril à 25 dollars n’empêchera certainement pas cette reprise. On s’attendra à une situation inverse, si le baril s’installait durablement au-dessus de 30 dollars. Pour l’heure, la montée de la tension au Proche-Orient alimente des spéculations au niveau des marchés. Celles-ci trouvent leurs origines dans les déclarations de certains pays producteurs de la région qui menacent d’utiliser l’arme du pétrole pour faire pression sur Israël et les Etats-Unis.
Certains observateurs estiment qu’il s’agit tout simplement de diversion. Depuis longtemps, les membres de l’OPEP se sont engagés dans une politique mettant en avant leurs intérêts économiques au détriment d’une solidarité avec les pays arabes.
Dans la conjoncture actuelle, sommes-nous à la veille d’un choc pétrolier ? Si un tel choc est incertain, ses effets de ne sont plus à démontrer. Cela se traduit dans un premier temps par la hausse des prix des carburants. Et c’est le consommateur final qui paie la facture. Les entreprises, quant à elles se voient obligées d’augmenter leur prix ou le renchérissement de leurs charges.
Une augmentation de 10 dollars des cours du pétrole se traduirait selon l’OCDE par une baisse de 0,2 point de la croissance américaine sur une période d’un an. Idem pour la croissance européenne. Pour l’économie japonaise, l’impact serait plus important, soit 0,4 point de PIB. La Banque mondiale, de son côté, stipule qu’une hausse de 7 dollars entraînerait un recul de 0,4 point du PIB mondial en deux ans.
Notons par ailleurs que depuis le premier choc pétrolier, les pays industrialisés ont mis les bouchées doubles afin de diminuer leur dépendance énergétique.
Il faut admettre que la hausse des cours de l’or noir se traduit par la récession de l’activité de ces pays. C’est le cas aussi du Maroc, dont les commentaires se font rares sur l’évolution des cours du pétrole.

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