Inquiétudes pour les pays en développement

La Banque mondiale annonce s’attendre désormais à la première contraction de l’économie mondiale depuis 1945 et elle avertit que les besoins de financements non satisfaits des pays en développement pourraient atteindre 700 milliards de dollars (525 milliards d’euros environ). L’institution internationale anticipe un retour à la croissance l’année prochaine, mais à un rythme sans doute très faible et insuffisant pour empêcher que l’augmentation du chômage se prolonge jusqu’en 2011. À Londres, où il participera au sommet du G20 consacré à la crise, Robert Zoellick, le président de la Banque, a annoncé la création d’un fonds de 50 milliards de dollars de liquidités pour soutenir le commerce mondial.
Il a expliqué que la Banque mondiale anticipait un recul de 6% des échanges commerciaux mondiaux en volumes cette année, le plus important depuis 80 ans. Cette évolution pourrait contrecarrer les efforts entrepris pour combattre la pauvreté dans les pays en développement qui luttent pour maintenir leur économie à flot malgré la baisse des investissements étrangers et la chute des prix des matières premières. La Banque prévoit désormais une baisse de 1,7% de l’activité économique mondiale cette année, alors qu’elle anticipait auparavant une expansion de 0,9%. Dans les pays en développement, la croissance devrait tomber à 2,1% seulement, contre +4,4% prévu auparavant et +5,8% en 2008. «Dans le monde en développement, nous observons que la situation de récession touche les populations pauvres et les rend encore plus vulnérables qu’avant aux chocs soudains, mais aussi qu’elle limite les opportunités qui leur sont offertes et ruine leurs espoirs», a déclaré Justin Yifu Lin, l’économiste en chef de la Banque mondiale. «Cela pourrait balayer des années de progrès et il ne s’agit de rien d’autre qu’une situation d’urgence pour le développement.» Il estime que 53 millions de personnes pourraient être privées cette année de la possibilité de sortir de la pauvreté, celle-ci étant définie par un revenu inférieur à 1,25 dollar par jour. En remontant ce seuil à deux dollars par jour, ce seraient 65 millions de personnes qui resteraient condamnées à la pauvreté cette année à cause de la récession mondiale. Conséquence directe: les pays en développement devront dépenser davantage pour maintenir les mécanismes de protection sociale existants alors que leurs recettes fiscales chutent et que leurs coûts de financement augmentent. Les pays dont les économies reposent sur les matières premières seront en outre affaiblies par la chute des cours.

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