Investissements privés dans l’agriculture: 60 MMDH depuis le lancement du PMV en 2008

Investissements privés dans l’agriculture: 60 MMDH depuis le lancement du PMV en 2008

M. Akhannouch s’est arrêté sur le projet innovant de sauvegarde de la plaine du Saiss qui bénéficie de l’accompagnement de la Berd indiquant que c’est une première coopération avec la banque dans le secteur agricole et que le Maroc espère développer.

L’investissement privé dans le secteur agricole est un enjeu majeur pour le développement de l’agriculture.  Au Maroc, le secteur «a pris le parti de mettre l’investissement au centre de l’équation et a toujours considéré que l’investissement privé est un levier indispensable du développement du secteur agricole», a expliqué Aziz Akhannouch, ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, à l’ouverture du Forum mondial sur les «investissements responsables du secteur privé dans l’alimentation et l’agriculture» qui s’est déroulé le 23 octobre 2018 à Marrakech. Depuis le lancement du Plan Maroc Vert en 2008, l’investissement privé dans l’agriculture s’est élevé à plus de 60 milliards de dirhams. Lors de cet événement organisé par la Berd en partenariat avec la FAO, le ministre est revenu sur le partenariat entre le Maroc et la FAO estimant qu’il s’est renforcé depuis le lancement du Plan Maroc Vert. Dans le même sens, il s’est arrêté sur le projet innovant de sauvegarde de la plaine du Saiss qui bénéficie de l’accompagnement de la Berd indiquant que c’est une première coopération avec la banque dans le secteur agricole et que le Maroc espère développer. Ce projet avait notamment remporté le prix «Berd Sustainability Awards 2018» dans la catégorie changements climatiques.

Partenariats public-privé dans l’agriculture

Au cours de ce Forum international, M. Akhannouch a également mis l’accent sur les expériences du Maroc dans les partenariats public-privé (PPP) citant à cet égard le projet de sauvegarde de la zone agrumicole d’El Guerdane dans la région du Souss-Massa. «Ce périmètre souffrant d’un stress hydrique important a pu profiter du transfert d’un volume d’eau de 45 millions de m3 sur plus de 90 km de conduite, à partir du complexe Aoulouz-Mokhtar Soussi couvrant 10.000 ha de plantations dans la zone du projet», précise-t-il. En termes d’accompagnement, ce projet a été financé grâce à la combinaison d’une subvention de l’Etat, de fonds propres du partenaire privé et des agriculteurs. Autre exemple, le projet de dessalement de l’eau de mer pour l’irrigation du périmètre de Chtouka et l’alimentation en eau du Grand Agadir dont la date d’échéance est prévue pour 2021. Dans ce cadre, 1.500 agriculteurs pourront bénéficier de ce projet. Il fera profiter de manière indirecte 3.000 agriculteurs dans la région, selon la tutelle.

Nouveau virage stratégique du Maroc dans le secteur

Lors de cet événement, le ministre de tutelle a évoqué le nouvel horizon qui sera ouvert devant le secteur agricole au Maroc avec un cap sur l’employabilité, la mise à niveau du monde rural, l’intégration des jeunes, l’amélioration du niveau de revenus des agriculteurs et à terme, le soutien à la création d’une classe moyenne agricole. Il a rappelé les Hautes orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI lors de son dernier discours à l’occasion de la rentrée parlementaire précisant que le travail de mobilisation d’un million d’hectares au sein des terres collectives est un signe clair de la nécessité de l’élargissement du champ de l’investissement à toutes les catégories.

Pour répondre aux multiples enjeux du secteur, l’agriculture devra couvrir un champ de développement plus global. En termes de chiffres, le secteur contribue de 14% au PIB et de 40% à l’emploi.

La transformation numérique en agriculture

Les nouvelles technologies opèrent des changements dans tous les secteurs d’activités y compris l’agriculture. Ainsi, l’investissement dans l’innovation est l’une des solutions évoquées par les experts présents lors de ce forum. L’accent a donc été mis sur la nécessité d’investir davantage dans ce secteur estimant qu’il présente de multiples avantages sur le terrain pour les agriculteurs.

Ces technologies contribuent à stimuler la productivité agricole et participent à la réduction des émissions de carbone. Elles permettent entre autres aux agriculteurs d’acquérir l’information nécessaire pour le développement de leurs projets et ce en fonction de leurs besoins.

Par ailleurs, le secteur public peut aider à faciliter l’adoption des nouvelles technologies tout en se focalisant sur celles qui auraient des effets positifs sur les petits exploitants agricoles, agriculteurs et les petites et moyennes entreprises. Partant de là, il est nécessaire de comprendre les différentes technologies et trouver des solutions aux obstacles freinant leur adoption, selon les experts de la Berd et de la FAO.

La BERD et la FAO s’engagent pour une agriculture durable et responsable

A l’ouverture de ce forum, Suma Chakrabarti, président de la Berd, a mis l’accent sur l’importance du leadership dans le domaine de l’agriculture soulignant que l’accroissement démographique et la hausse des revenus devraient générer, selon les prévisions, une progression de 50% de la demande de produits alimentaires d’ici 2050.

«Notre stratégie pour les agro-industries, qui prendra effet l’an prochain et se poursuivra jusqu’en 2023, constitue un élément de réponse à ces défis», précise-t-il. Le président de la Berd a expliqué que jusqu’à présent les investissements de la banque ont largement dépassé 11 milliards d’euros. En six ans de présence au Maroc, la Berd a signé huit projets liés aux agro-industries, tous dans le secteur privé. De son côté, Daniel Gustafson, directeur général adjoint de la FAO, s’est arrêté sur «l’expérience pionnière du Maroc dans le domaine» indiquant qu’elle pourrait être élargie à d’autres pays. 

Cette rencontre a été l’occasion de débattre de thématiques telles que le «Leadership mondial pour des investissements privés responsables dans l’agroalimentaire», «Investir de manière responsable au-delà des frontières: le point de vue du secteur privé», ou encore la  «Gestion des risques dans l’agroalimentaire».

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