Italie : Course contre la montre de Monti

Italie : Course contre la montre de Monti

Le nouveau chef du gouvernement italien Mario Monti, qui a engagé une course contre la montre avec les marchés, a présenté, jeudi 17 novembre, au Sénat un programme acrobatique d’austérité et relance économique pour sortir le pays de la tourmente qui secoue la zone euro. Son discours était d’abord «destiné à rassurer les marchés et chancelleries étrangères» alors que l’Italie doit restaurer au plus vite la crédibilité perdue dans les derniers mois de l’ère Berlusconi, estime le quotidien de gauche Repubblica. L’ex-commissaire européen s’est adressé à 12h00 GMT aux sénateurs, appelés ensuite à voter la confiance au gouvernement en soirée, un scrutin qui laisse peu de doutes sur son issue. Les médias tablent sur un score record de plus de 290 voix pour l’aval au gouvernement sur 321 sièges, puisque seule la Ligue du nord, parti populiste ex-allié de Berlusconi, est passée à l’opposition. Vendredi à mi-journée, il ira à la Chambre des députés où il devrait obtenir plus de 550 voix sur 630. «Assainissement, croissance et cohésion sociale» seront les mots d’ordre du gouvernement, a affirmé jeudi à la radio la nouvelle ministre des politiques sociales, Elsa Fornero, en insistant aussi sur l’«équité». Pour Repubblica, M. Monti rappellera dans son discours la nécessité de «sacrifices» tout en insistant sur «les ressources dont dispose l’Italie» pour surmonter la phase actuelle. Le pays lourdement endetté (1.900 milliards d’euros, 120% du PIB) est menacé d’asphyxie en raison de la montée vertigineuse des taux obligataires à 10 ans (autour de 7%). Une fois les votes de confiance encaissés, M. Monti effectuera la semaine prochaine une tournée des capitales européennes, s’arrêtant à Bruxelles, Berlin, Paris, Londres. Félicitant M. Monti dans une lettre, la chancelière allemande Angela Merkel a souligné «les grands espoirs» qu’il suscite et l’a appelé à «mettre en œuvre rapidement des réformes décisives et nécessaires». Pour l’économiste et politologue italienne de renom Loretta Napoleoni, qui enseigne à la Judge Business School de Cambridge en Grande-Bretagne, le changement de gouvernement ne suffira pas à calmer durablement les marchés.

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