Jamal Ba Amer : «Le programme de modernisation de la raffinerie a bien avancé»


ALM : Vous avez obtenu, pour la troisième fois consécutive, le titre de la meilleure entreprise parmi les 500 grandes entreprises du Maroc. Que pouvez-vous nous en dire?
Jamal Ba Amer : Effectivement, la Société marocaine de l’industrie du raffinage (Samir) est à la tête des 500 premières entreprises du Maroc pour la troisième année consécutive. La Samir s’est vu décerner, le 9 novembre dernier, le premier trophée des 500 entreprises du Maroc par le mensuel Economie & Entreprises, en partenariat avec Kompass Maroc. L’édition de cette année est d’autant plus importante qu’elle est placée sous le signe de la transparence, vecteur de la relance économique. Le classement a été réalisé sur la base du chiffre d’affaires enregistré au cours de l’année 2006. Avec 29 milliards de dirhams, nous avons réalisé une performance de 12%.  C’est aussi une fierté pour nous puisque cette consécration témoigne et prouve que la Samir a pu sortir de sa crise de 2002.

Où en êtes-vous avec le projet de modernisation de la raffinerie ?
Nous considérons ce projet comme étant le plus grand dans le secteur industriel marocain initié par un opérateur privé. À cela, il faut ajouter que la modernisation de la raffinerie accompagne les programmes gouvernementaux en matière de développement économique. À fin novembre dernier, l’avancement de l’ensemble des travaux du programme de modernisation de la raffinerie de Mohammédia a atteint les 70 %. Par segment, le degré d’avancement des travaux de construction du site de la raffinerie est de 47 %. Pour les études d’ingénierie, nous avons atteint un taux d’avancement de 95 %. Et enfin, il y a l’achat des équipements et autres matériels avec 77 % de degré d’avancement du programme.

A quand le lancement de ce nouveau programme ?
Nous avons prévu un deadline à la fin du premier semestre de l’année prochaine. Aussi, la date du début du fonctionnement des unités de soutien est-elle programmée pour le mois de juin 2008. En octobre de l’exercice prochain, l’unité d’hydrogène chargée de séparer le diesel du soufre sera opérationnelle. Au début de 2009, nous commencerons ainsi à produire du gasoil 50 ppm. Et au mois de mars 2009, la dernière unité d’hydrogène sera elle aussi opérationnelle. 

Quel est le montant de l’investissement engagé dans ce projet?
Le budget de ce programme s’élève à 850 millions de dollars. Vous savez, la Samir exerce dans un secteur qui connaît de fortes et permanentes fluctuations des prix de la matière première. Ainsi, nous avons revu à la hausse le budget réservé au programme de modernisation de la raffinerie. Avec une augmentation de 9 %, l’enveloppe allouée à ce programme a atteint les 920 millions de dollars.  

Comment la Samir traverse-t-elle cette crise de flambée des prix du pétrole avec un baril qui pourrait atteindre les 100 dollars  ?
Toutes les industries souffrent de la hausse des prix des matières premières, et ce à l’échelle mondiale. En ce qui concerne la Samir, nous tablons sur un baril de 75 dollars pour l’année prochaine. Sur le marché international, certains analystes parlent d’un baril de pétrole à 100 dollars. En réalité, ce prix n’est que le fruit d’une pure spéculation sur le marché mondial des hydrocarbures. À cela, il faut préciser que ces prix sont fixés en dollars et non en euros. Et prochainement, les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) devront réduire les prix pour arriver à un baril à 75 dollars. À plus ou moins 15 dollars, selon le contexte mondial, le prix du baril ne devrait pas donc dépasser les 75 dollars.

Quel est l’impact de cette flambée sur la Samir ?
À la Société marocaine de l’industrie du raffinage, nous avons un stock de 45 jours. Le coût de ce stock pèse sur l’équilibre et les ressources financiers de la Samir. Nous faisons de notre mieux pour avoir des financements de l’intérieur et de l’extérieur du pays. Nous avons ainsi des facilités de paiement pouvant atteindre jusqu’à 800 millions de dollars. Du Maroc, ces facilités de paiement sont accordées par un groupement de banques. Pour sa part, la Banque islamique du développement (BID) participe à hauteur de 200 millions de dollars. D’ailleurs, nous comptons signer prochainement une convention avec les responsables de la BID pour une enveloppe supplémentaire de 100 millions de dollars. Il y a également la banque française BNP Paribas qui finance ces facilités de paiement avec une somme de 150 millions de dollars.

Que pensez-vous de l’action la Samir en Bourse ?
La Samir est une société industrielle. Et la valeur de l’action en Bourse n’est pas touchée par la spéculation que connaît le secteur des hydrocarbures à l’échelle internationale. Le marché boursier casablancais a connu une progression de 35 % alors que l’action la Samir s’est appréciée de seulement 5%. Par conséquent, nous pensons que le titre la Samir est sous-évalué et que le prix de l’action devrait atteindre les 1.200 dirhams (NDLR, le titre s’est échangé à 810 dirhams mardi dernier).  D’ailleurs, à l’horizon 2010, le prix de l’action devrait atteindre les 2.000 dirhams.  

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