Jamal Belahrach et l’obligation des 3M

Rentré au pays en avril 1997, ce beur de deux-ième génération, la tête bien pleine et bien faite savait bien à quoi s’attendre. En France, il était connu pour être un élément actif dans le domaine de l’associatif.
Président de la jeune Chambre économique de Dreux, président du Comité de bassin d’emploi de Dreux, responsable d’association de jeunes issues de l’immigration et vice président de Force démocrate dans le département (parti politique de centre droite), il menait droit son chemin dans son pays d’accueil.
Après 11 ans d’expérience en tant que directeur marketing dans un groupe allemand de mobilier de salle de bains, l’imprévu tape à ses portes. Un cabinet lui propose de représenter Manpower en Afrique du Nord. Nulle hésitation. «Du jour au lendemain, je suis rentré avec ma femme et mes enfants à mon pays d’origine. J’étais enthousiaste de pouvoir créer ma boîte à moi avec les moyens d’une multinationale. J’ai eu la chance d’avoir l’indépendance totale et la carte blanche de procéder de la manière que je trouve efficace», argumente Jamal Belahrach, directeur général de Manpower. En acceptant de tracer son chemin dans le domaine du travail temporaire au Maroc, il était conscient du challenge dans lequel il se lance. «Les agences d’intérim étaient réputées pour être des structures qui exploitent des jeunes diplômés, désespérés, qui au bout du compte n’ont de choix que d’accepter un poste d’intérimaire», ironise Jamal Belahrach. Après quatre ans d’exercice, il pense arriver à corriger d’un coup de crayon l’image négative que les gens se sont fait du travail temporaire. «L’approche sociale nous a différencié par rapport aux autres», explique –t-il. L’intérim a aujourd’hui, à ses yeux, un autre visage. Sa clé de réussite réside au niveau de la culture d’entreprise qu’il faut imprégner à ses partenaires et aux valeurs universelles qu’il faut leur inculquer. « Au début, j’avais des difficultés d’adaptation culturelle. J’avais un problème de référentiels en termes de management et de collaboration avec mes partenaires externes soient-ils ou internes », se rappelle-t-il. Pour assurer l’activité de Manpower, Jamal Belahrach voulait à l’origine développer un projet pour le Maroc. « Un bon manager doit réunir les 3M : manager, missionnaire et militant. Si l’une de ses qualités n’est pas remplie, le pari de réussite durable sur des bases solides devient difficile à gagner », conclut-il. Et les objectifs commerciaux des actionnaires alors ? « C’est une conséquence d’un cocktail managérial participatif, visionnaire, efficace et efficient basé sur des objectifs certes de rentabilité, mais axé sur le développement social et sociétal», répond-il. Partant de cette optique, son équipe axait l’essentiel de son travail sur la communication. M. Belahrach avait une mission de coaching qu’il devait absolument réussir. «La première base de mon management est de construire et montrer l’exemple par le respect des paramètres d’un manager fort. Mes collaborateurs n’ont pas tardé à suivre mon rythme ».
De l’étape zéro, Manpower est arrivée après quatre ans de labeur à réaliser un chiffre d’affaires de 55 millions de DH. De son cursus universitaire technique, il pense puiser ses qualités rationnelles et sa capacité d’être logique avec lui-même. Sa formation en Marketing lui permet quant à elle de maîtriser les paramètres de gestion au quotidien.

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