Jamal Din Maimouni: «Nous disposons des atouts et des compétences pour créer nos propres marques»

Jamal Din Maimouni: «Nous disposons des atouts et des compétences pour créer nos propres marques»

Entretien avec Jamal Din Maimouni, nouveau président de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement-Zone nord (Amith-ZN)

Jamal Din Maimouni décrit la situation actuelle du secteur et les mesures prises pour attirer de nouveaux donneurs d’ordre pour la région.

ALM : Comment évaluez-vous le début de votre mandat au sein de l’Amith-ZN ?

Jamal Din Maimouni : Nous menons au sein l’Amith-ZN un véritable travail d’équipe. Je suis épaulé par des jeunes dynamiques, ambitieux et très confiants en l’avenir du secteur. Je m’estime, en tant que nouveau président de l’Amith-ZN, un simple porte-parole des opérateurs du textile. Nous essayons de prendre l’avis de tous les textiliens, même ceux qui sont non adhérents à l’Amith-ZN. Nous travaillons avec un programme que nous avions présenté lors des dernières élections à l’Amith-ZN. Nous continuerons de travailler en équipe pour permettre au secteur d’aller de l’avant et d’obtenir la place qu’il mérite.

Quels sont les points les plus marquants de votre nouveau programme de travail ?

Parmi les principaux objectifs de ce programme que nous avons évoqué à la veille de l’élection de mon binôme et moi-même, respectivement premier vice-président et président de l’Amith-ZN, figure celui d’améliorer l’image du secteur du textile et de l’habillement. Nous essayons d’effacer l’image qui colle aux entreprises : comme simples ateliers de couture. Alors que le textile et l’habillement comptent des unités industrielles à part entière avec une véritable administration et des personnes diplômées et compétentes chargées de leur gestion et la bonne marche de leur production. Nous allons travailler sur le renforcement de nos relations avec nos partenaires, dont l’Office (OFPPT, ndlr) avec qui nous venons d’avoir des réunions autour de la formation et son adaptation à nos besoins. Nous ferons du volet communication un maillon fort pour réussir notre processus de promotion et développement du secteur.

Comment se porte le secteur du textile et de l’habillement ?

Le secteur a réussi dernièrement à améliorer ses résultats au niveau national. Ce qui a encouragé les banques et le gouvernement à mettre en place de nouveaux programmes en faveur des textiliens au Maroc.

Le secteur a réalisé, selon les dernières statistiques, quelque 22,3 milliards de dirhams de chiffre d’affaires (CA), soit une augmentation de 8%. Ce qui permet ainsi au Maroc de se positionner troisième après le Cambodge et le Vietnam, et de se placer devant ses autres principaux concurrents tels que la Chine, la Turquie et la Tunisie. Concernant la zone du Nord, le secteur continue de tirer profit des grands projets structurants initiés par SM Mohammed VI dans la région. Celle-ci compte actuellement 400 établissements de textile et habillement et représente le 1/3 du total du chiffre d’affaires au niveau national.

Quid de l’emploi ?

Le secteur du textile et habillement a toujours été un grand employeur industriel au niveau national. Avec un total de 1.100 entreprises, il a permis de créer environ 160 mille emplois directs. Alors qu’au niveau de la zone du Nord, le secteur emploie quelque 100.000 personnes.

Quels sont les principaux donneurs d’ordre pour les opérateurs du textile du Nord ?

A Tanger, nous travaillons principalement pour le marché espagnol, qui représente 90 à 95% de nos exportations de textile et habillement. Nous continuons d’approvisionner nos donneurs d’ordre traditionnels tels que Inditex, Mango, El Corte Inglés, Mayoral et Nanos. D’ailleurs, la région participe en moyenne de 4 milliards de dirhams dans les exportations marocaines de textile et d’habillement.

Quelles sont les mesures prises par l’Amith-ZN pour attirer de nouveaux donneurs d’ordre ?

Nous renforçons nos contacts avec les consulats de France, d’Angleterre, d’Allemagne et d’Italie pour nous approvisionner des listes de donneurs d’ordre potentiels dans leurs pays respectifs. Nous allons les inviter à visiter nos unités industrielles pour avoir une idée sur nos produits. Nous sommes parallèlement en train de préparer un programme de visites de prospection au profit des opérateurs du Nord dans ces pays. Nous encourageons pour la même raison les textiliens à participer aux B to B organisés par Maroc Export dans le Royaume ou à l’étranger. Toujours est-il que notre souhait est de parvenir à limiter cette dépendance vis-à-vis de nos clients. Nous ne devons pas nous consacrer totalement à la sous-traitance. Nous disposons des atouts et des compétences pour créer nos propres marques. D’ailleurs, certains opérateurs se sont lancés dans cette expérience et essaient d’y gagner peu à peu du terrain comme nouveaux créateurs. Nous invitons d’autres à faire de même en créant leurs propres marques.

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