Journée de l Afrique : Le panafricanisme revient

Journée de l Afrique : Le panafricanisme revient

Cinquante ans après la période faste où il a été porté par les pères fondateurs des Etats africains modernes, des décennies de mise sous le boisseau plus tard, le panafricanisme revient. Il a en tout cas été souvent évoqué à la célébration de la journée de l’Afrique dont les cérémonies se sont déroulées samedi à Rabat avec la participation des représentants des ambassades de 27 pays du continent. Comme en ce qu’il en a été de l’inauguration de la place de l’Unité africaine et de la conférence sur la genèse de l’organisation continentale, le gouvernement a voulu marquer son intérêt pour ces cérémonies dont les organisateurs annoncent déjà une 5ème édition l’année prochaine. Trois ministres PJD ont participé aux festivités. Outre Saâd-Eddine El Othmani, ministre des affaires étrangères, étaient présents Aziz Rabbah, ministre de l’équipement et du transport, et Idriss Azami Al Idrissi, ministre délégué au budget. Tous ont dit le sens et l’importance de ce cinquantenaire, et auguré de relations «plus étroites et mutuellement bénéfiques» entre le Maroc et les pays subsahariens.

En présence de la représentante de la BAD et du doyen du corps diplomatique africain, l’ambassadeur de Centrafrique, Ismaila Nimaga, les trois ministres ont clamé leur conviction que le futur des relations entre le Maroc et l’Afrique transsaharienne est voué à de grands moments et «qu’il n’en pouvait être autrement, car malgré le retrait du Royaume de l’organisation africaine, il n’a jamais cessé d’être africain et ne le sera jamais puisqu’on ne peut changer l’histoire et encore moins la géographie». A ces fondamentaux, le ministre des AE a jugé devoir ajouter la proclamation de l’identité africaine dans le préambule de la Constitution de juillet et, le fait que l’amazigh soit «une langue éminemment africaine». Cependant, c’est de stratégie de développement concertée et d’avenir commun qu’il a été le plus question dans le discours du ministre.

Il a affirmé que le continent promettant d’être le prochain grand foyer de croissance et de revenus dans le monde, il est impératif que les Africains prennent leur avenir en main et qu’ils ne le confient pas à d’autres. Il a, en outre, estimé que si la sécurité, la stabilité et le développement sont les objectifs essentiels à atteindre à terme, ils ne peuvent l’être que si leur réalisation est soutenue par une volonté politique claire.

Le ministre qui a vivement critiqué la fermeture des frontières entre pays voisins et son effet néfaste sur la marche commune vers le progrès et le développement, a affirmé qu’il n’est pas dans l’intention du Maroc de retourner à l’Union africaine qu’il a quittée en 1994 tant que celle-ci n’a pas réparé l’erreur qui lui a fait reconnaître la pseudo RASD.

Le Maroc a le désir de retourner à l’organisation panafricaine, mais il ne peut le faire au détriment de sa souveraineté, a-t-il ajouté. Il a cependant précisé que cela n’empêche pas le Royaume d’être aux côtés des autres pays africains. Non plus qu’il ne fait obstacle à sa volonté d’être plus présent sur le continent en «élevant le rang de certaines de ses représentations». Saâd-Eddine El Othmani a cependant éludé la demande de précision d’ALM à ce sujet, se contenant de répondre qu’il est trop tôt pour se prononcer sur cette question, son étude étant en cours. Le ministre a cependant laissé entendre que l’éventualité de ce redéploiement diplomatique est dictée par les circonstances actuelles où le Maroc est plus fort que jamais et où à peine un tiers des pays africains reconnaissent encore la pseudo RASD. Nous convainquons chaque jour davantage de la justesse de notre cause et le cercle de nos amis s’élargit, a-t-il conclu. Ce point de vue est également celui de l’ambassadeur de Centrafrique qui a rendu un vibrant hommage «à la coopération bilatérale dont les nombreuses réalisations sont mutuellement bénéfiques aux deux peuples».

Visiblement ému du spectacle qu’il lui a été donné de voir à l’aéroport où il a accompagné des victimes des troubles que connaît son pays et qui ont été soignés au Maroc, l’ambassadeur Ismaila Nimaga a dit sa gratitude au Royaume et rendu hommage au partenariat entre les deux pays. Le diplomate qui a également salué la résurgence du panafricanisme a jugé que l’avenir de l’Afrique est dans son unité. Cette unité, Idriss Azami pense qu’elle passe par le resserrement de la coopération économique. Il a précisé que sur cette voie le Royaume a signé 18 conventions d’investissement et 2 de non-double imposition avec les pays subsahariens. Ce qui a fourni à Aziz Rabbah l’opportunité de parler du Sahara comme d’une zone de contact et d’échanges. Il a estimé que les relations économiques, commerciales et humaines ont besoin d’infrastructure pour progresser. Mais pas seulement, s’est-il empressé d’ajouter, elles ont également besoin des compétences humaines et donc de formation. Un domaine qui laisse la porte ouverte au partenariat entre secteur public et celui privé, a affirmé Amani Abouzeid.

La représentante de la BAD au Maroc qui a rappelé que la nouvelle stratégie de la banque pour la décennie est basée sur la recherche de la croissance inclusive et la quête de gouvernance, a estimé que le partenariat est meilleur que la coopération. C’est pourquoi la banque encourage les relations d’affaires de pays à pays, car elles confortent les échanges Sud-Sud, a-t-elle conclu.

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