Karim El Aynaoui : «Nous avons constitué au fil du temps une communauté qui a une force de proposition»

Karim El Aynaoui : «Nous avons constitué au fil du temps une communauté qui a une force de proposition»

Entretien avec Karim El Aynaoui, Managing Director – Policy Center for the New South

Pari gagné pour les Atlantic Dialogues. Au fil du temps, cette conférence a su s’imposer comme un rendez-vous incontournable de l’élite politique mondiale. Organisée par «Policy Center for the New South», la 7ème édition s’est déroulée du 13 au 16 décembre 2018 à Marrakech. En effet, l’événement a particulièrement été réussi cette année de par la qualité des personnalités qui y ont pris part. On y a rencontré Madeleine Albright, ancienne secrétaire d’Etat américaine aux affaires étrangères, Omar Hilale, représentant du Maroc aux Nations Unies, Miguel Ángel Moratinos, ancien ministre des affaires étrangères espagnol, Amr Moussa, ancien secrétaire général de la Ligue arabe, John Sawers, ancien chef du service de renseignement britannique MI-6, ou encore Christopher E. Graig, le général américain stratège de l’Africom. Architecte de cet événement, Karim El Aynaoui, nous en parle.

ALM : Cette édition a été particulièrement réussie en raison de la qualité des intervenants et les pays du Sud sont très présents dans les différentes thématiques. Pourriez-vous nous en dire plus ?

Karim El Aynaoui : La 7ème édition des Atlantic Dialogues s’est établie comme un lieu où le Nord vient rencontrer le Sud. C’est aussi un espace où le Sud accueille le Nord au fil des années avec la constitution d’une communauté de plusieurs milliers de personnes qui appartiennent à un peu près de 80 pays de l’ensemble de l’océan Atlantique. Le deuxième succès relève la place qu’on donne aux jeunes dans cette grande rencontre et à la transition intergénérationnelle qui s’opère. L’objectif étant de donner de l’espace aux plus jeunes, en particulier ceux du Sud pour instaurer et créer un dialogue avec le Nord. Nous avons donc réuni 50 jeunes leaders issus de différents pays. Globalement, 250 participants internationaux issus de 25 pays ont assisté aux différents travaux de cette édition. Ils viennent s’ajouter à la communauté qu’on a constituée au fil des années. Une communauté qui a une force de proposition et avec qui on travaille tout au long de l’année.

Pourquoi avoir choisi une thématique assez particulière, à savoir «Surmonter les points de blocage»?

En effet, notre choix s’est porté sur «Overcoming the choke points» pour essayer de dépasser les points de blocage. L’idée vient du fait qu’on considère que la relation dans le cadre de l’espace atlantique global (qui intègre aussi le Sud) est sous-optimale, et qu’on peut faire mieux. Pour y arriver cela suppose de densifier les échanges et de renforcer les dialogues. Donc l’ensemble des sessions qui se sont déroulées avait pour finalité de créer les conditions de ce dialogue. Ce partage de connaissances individuelle et interpersonnelle entre les intervenants et les participants est très important. C’est la raison pour laquelle on a réservé trois jours à cet événement. Vous avez pu le constater par vous-même, les experts engagent des débats constructifs et apportent leur regard sur les problématiques que connaît le monde actuellement, ils se parlent et se voient tout au long des «Atlantic Dialogues». Pour nous la notion de la communauté qui se crée à l’issue de ces échanges peut apporter des transformations en faveur du dialogue Nord-Sud.

Vous avez évoqué la nécessité d’apporter une autre lecture sur le monde, en tant qu’expert quel regard portez-vous sur ces «choke points» ?

Si vous êtes à Washington, Moscou, Pékin, Paris ou Rabat il est clair que la vision qu’on peut avoir du monde est différente. En même temps, il faut avoir la capacité de comprendre ce monde. C’est ce qu’on essaye de faire dans notre think tank Policy Center for the New South. Il s’agit pour nous de construire une vraie expertise. Une expertise solide qui nous permet de voir le monde de notre point de vue et de s’engager avec les autres dans un dialogue en étant quelque part libres et autonomes dans notre manière de voir les choses.

Quelle est la place du Maroc dans cette nouvelle approche ?

Le Maroc a bien évidemment toute sa place. Quand je vous parle d’un regard qui se construit à partir d’ici c’est bien sûr à partir du Maroc. Il s’agit de donner l’opportunité à tout le monde d’utiliser la plate-forme qu’a mise en place notre think tank et de permettre aussi aux jeunes de se former et d’y participer. L’ouverture au dialogue, la tolérance et la capacité de discuter avec tout le monde sont quelques unes des particularités qui caractérisent notre pays.

Quel est l’apport de cette conférence au travail de recherche que vous faites au sein de Policy Center for the New South ?

Il est essentiel pour nous de continuer sur cette trajectoire, c’est-à-dire de progresser au fil du temps en visant les objectifs que j’ai évoqués. «Atlantic Dialogues» devient de plus un événement de grande importance. Nous espérons également atteindre des objectifs plus précis comme la mise en place de projets de coopération.

Cette édition a connu la participation d’éminentes personnalités, des académiciens, des praticiens et des experts qu’on voudrait voir participer à nos travaux de recherche. On a des projets spécifiques de partenariats avec certains think tanks sur des livres conjoints. Par conséquent, notre travail ne s’arrête pas aux conférences qu’on organise, il continue tout au long de l’année en y associant les personnalités qu’on reçoit dans ces événements.

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