Kasbahs : Un patrimoine menacé de disparition

Un patrimoine national est en ruine. Les Kasbahs constituent un grand héritage qui s’effrite au fil des jours. Tout un pan de l’architecture et de la culture marocaines se trouve alors menacé de disparition. Le sud du Maroc est réputé par ses somptueuses et vielles Kasbahs. Dans la région d’Ouarzazate, ces bâtisses attirent de plus en plus de touristes. En fait le dépaysement est garanti dans cette région du Maroc. Et pourtant il y a de l’ombre au tableau. Les Kasbahs sont menacées de ruine. La menace est davantage persistante en raison de la négligence et de l’intervention arbitraire de l’homme, outre les facteurs naturels qui dégradent de jour en jour l’état de ces bâtisses.
Dans le village de Nkoob dans la région d’Ouarzazate au sud du Maroc, le nombre des Kasbahs est de 45. «Sur ces 45 Kasbahs du village de Nkoob, une dizaine est en état de délabrement avancé», confirme M.Oourzazi propriétaire de la Casbah Bah. Nkoob est en fait le village le plus ‘’peuplé » de ces bâtisses de toute la région.
L’investissement dans la restauration d’une Casbah s’avère pourtant une affaire lucrative. Le placement dans une Casbah est en effet plus rentable que le placement dans un hôtel classé. « Une chambre dans une Casbah comptant 15 chambres se vend deux fois plus cher qu’une chambre dans un hôtel quatre étoiles» ajoute M.Oourzazi. Dans la région de Drâa au niveau de la province de Zagora, les Kasbahs constituent plus qu’un patrimoine architectural et culturel.
Elles sont une mémoire et un legs des générations qui se sont succédée dans la région.
Outre les Kasbahs, le patrimoine comprend également des gravures et des dessins rupestres et d’anciens tombeaux. Ces sites inédits se situent dans la région Tazarine. La date de certains de ces vestiges remonte même à l’ère d’avant Jésus-Christ.
Tazarine est sise dans une commune d’Agdez, à environ 65 km au sud d’Ouarzazate. Cette région regroupe, à elle seule, une trentaine de sites de gravures rupestres en plus de quelques autres sites patrimoniaux. Ahmed Taoufiq Zinabi, un chercheur marocain sensible à la question de la sauvegarde de ce patrimoine, a dressé un inventaire de ces sites. Il a cité les tombeaux anciens se trouvant à Tazarine qui témoignent de l’existence de traditions pré-islamiques. Le chercheur a également répertorié des gravures rares de la région Aït Ouaâziq, dont certaines remontent à 4.000 avant Jésus-Christ.
Ce site est le seul qui a le privilège d’être surveillé par un gardien (désigné par le ministère de la Culture) alors les autres sites continuent d’être saccagés ou pillés faute de conservateur.
Le constat est affligeant. La plu part des gravures et des dessins rupestres de la région « ont été détruits ou pillés ». Cette hémorragie a débuté depuis les années 60 et 70.
Le saccage affecte les anciens tombeaux. Des études ont montré que 70 % d’entre eux ont été tout simplement anéantis. Le motif est la recherche d’une éventuelle fortune enfouie sous terre. L’appât du gain a fait perdre des trésors et des objets qui ont, en plus de leur valeur marchande, une valeur historique.
Dans le souci de préserver ces sites, un accord a été signé entre une association régionale « Développement Oued Drâa » et le ministère de la Culture. L’accord porte sur la préservation des gravures et des dessins rupestres.

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