Kassal quitte Chami

Kassal quitte Chami

C’est désormais officiel. La Fédération des PME-PMI fait cavalier seul. Son assemblée générale extraordinaire, tenue vendredi 9 septembre à Casablanca, a voté son externalisation de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) avec une majorité écrasante (99 % des 108 voix). Décidée il y a de cela plusieurs semaines par le bureau de cette instance, cette autonomie sera essentiellement d’ordre financier et de gestion et ne signifie nullement une scission de la confédération patronale. Plusieurs raisons ont été avancées par son président Hammad Kassal. Il s’agit d’une décision prise d’abord conformément aux recommandations d’un rapport d’audit effectué au sein de la CGEM en 2002 et qui encourage l’externatisation des différentes fédérations de la CGEM, comme c’est le cas d’ailleurs de la FNBTP, de la FISA et de la Fédération des industries de la pêche qui ont leurs statuts propres et leurs propres Conseils d’administration. La seconde raison est liée aux structures de base de la fédération, à savoir les PME-PMI qui se trouvent, dans leur majorité, en dehors de l’encadrement de la CGEM à cause notamment des frais de cotisations (de l’ordre de 2000 dirhams actuellement) jugés élevés par les PME ainsi que la représentativité régionale assez limitée de l’institution présidée par Hassan Chami. «Nous envisageons de réduire ce montant à quelque 500 ou 300 dirhams en fonction des services que la fédération pourra fournir à ses membres», explique le président de la Fédération des PME-PMI. Et d’ajouter : Dans ce sens, nous ferons appel à l’expérience de nos partenaires internationaux, qui vivent la même situation et qui ont à gérer un grand nombre d’adhérents, notamment la CGPEM française qui compte un million 600 mille membres, dont un million de TPE sans salarié ».
Enfin, la décision d’externalisation permettrait à la fédération de se débarrasser d’une série de tracasserie administratives qui handicapent sérieusement la bonne marche de ses services. «Cela nous permettrait par exemple d’éviter une coupure de téléphone pour deux ou trois semaines faute d’une signature», explique Hammad Kassal. «Notre fédération a atteint une maturité qui lui permet désormais de voler de ses propres ailes. Avec dix années d’existence, l’autonomie offre de nouvelles opportunités à la Fédération des PME-PMI pour ouvrir des chantiers qui lui seront propres et qui ne manqueraient pas d’aider davantage l’action de ces petites structures qui composent la majorité du tissu économique national», commente la même source. Pour M. Kassal, si la fédération externalisée réussit à attirer dans les prochaines trois années ne serait-ce 10 % des 75.000 PME-PMI actuellement opérantes au Maroc, ce serait une grande réussite.
Après l’adoption de la décision d’externalisation, la Fédération des PME-PMI par devrait à présent saisir par écrit le bureau de la CGEM qui devrait statuer. Son bureau devrait par la suite procéder à la création d’une nouvelle association, comme le stipule le dahir de 1958. Une association qui disposera de nouveaux statuts qui devront être conformes à ceux de la confédération patronale, notamment en ce qui concerne le mandat du président. La Fédération des PME-PMI s’est d’ores et déjà attelée à les préparer et devrait les soumettre à adoption lors d’une assemblée extraordinaire. La dernière étape est une demande de ré-adhésion à la confédération. Le bureau de la fédération essayera de faire coïncider la fin de ce processus avec la tenue des nouvelles élections en septembre 2006.
Cette assemblée générale extraordinaire, à laquelle une représentante du Premier ministre a assistée, a été précédée par une assemblée ordinaire qui a connu l’adoption du rapport moral de la Fédération des PME-PMI à l’unanimité. Rapport qui trace les différentes actions de l’actuel bureau dirigeant de cette instance.

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