Kerviel a réalisé un gain de 1,4 milliard d’euros

Jérôme Kerviel, le trader à qui la Société Générale impute une perte de 4,9 milliards d’euros, avait réalisé un gain de 1,4 milliard d’euros à la fin de 2007, a précisé lundi un responsable de la banque lors d’une conférence téléphonique.
Le trader, accusé d’avoir spéculé à découvert avec l’argent de la banque, lui a fait gagner 1,4 milliard d’euros à la fin 2007. Pendant les trois premières semaines de janvier, il a accumulé pour 50 milliards d’euros de nouvelles positions. Le trader avait parié sur la hausse des indices boursiers mais avec la baisse des Bourses européennes, ces positions se sont retrouvées perdantes. La liquidation de ces positions par la direction de la Société Générale s’est soldée par une perte de 6,3 milliards d’euros. La perte de 4,9 milliards d’euros annoncée au moment de la révélation de la "fraude" correspond donc à la différence entre la perte liée au débouclage des positions de Jérôme Kerviel (6,3 milliards) et le gain qu’il avait réalisé à la fin 2007 (1,4 milliard). La Société Générale a annoncé lundi le lancement de son augmentation de capital de 5,5 milliards d’euros, au prix de 47,50 euros par action, soit près de 40% en-deçà de son cours de Bourse actuel, pour faire face aux pertes liées à l’affaire Kerviel et aux "subprime". La souscription sera ouverte du 21 au 29 février. L’action Société Générale avait clôturé à 77,72 euros vendredi soir à la Bourse de Paris. Le groupe précise dans un communiqué que ses pertes totales liées aux "subprime" s’élèvent au total à 2,6 milliards d’euros. La Société Générale avait déjà annoncé des dépréciations de 2 milliards d’euros au quatrième trimestre, après 230 millions au troisième trimestre. Son bénéfice net estimé pour 2007 atteindra 947 millions compte tenu de cette perte et de la "fraude" que la banque attribue à Jérôme Kerviel dont l’impact négatif est estimé à 4,9 milliards d’euros. La banque avait annoncé le 24 janvier, en même temps que ces pertes, qu’elle allait lancer une augmentation de capital de 5,5 milliards pour renforcer ses fonds propres.
Cette augmentation de capital est garantie par les banques JP Morgan et Morgan Stanley. Les actionnaires disposeront d’un droit préférentiel leur permettant de souscrire une nouvelle action pour quatre détenues à la date du 20 février. Concernant la Banque de financement et d’investissement (BFI), la division dans laquelle opérait le trader Jérôme Kerviel, «le premier semestre de l’année 2008 devrait être une période de transition afin de tirer les enseignements des événements récents et renforcer les procédures de contrôle et le dispositif anti-fraude dans un environnement de marché qui restera vraisemblablement difficile», écrit la banque.
Les volumes sur les activités d’arbitrage vont être réduits jusqu’au troisième trimestre, précise la banque. L’objectif pour la BFI est une croissance annuelle moyenne des revenus entre 5 et 10% sur 2006-2010 pour un produit net bancaire de l’ordre de 9 milliards en 2010.

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