Kessal : «Nous restons à la CGEM»

Kessal : «Nous restons à la CGEM»

ALM : Le bureau de la Fédération des PME-PMI s’est réuni vendredi 24 juin et a décidé l’externalisation de cette instance de la CGEM. De quoi s’agit-il exactement ?
Hammad Kessal : Le bureau de la Fédération des PME-PMI a effectivement tenu une réunion vendredi dernier à 10h du matin et a décidé à l’unanimité d’externaliser l’instance de la CGEM. La Fédération des PME-PMI vient de fêter son 10ème anniversaire, ce qui signifie qu’elle a atteint un certain degré de maturité qui lui permet d’avantage d’autonomie. C’est une décision qui se base également sur un rapport d’audit effectué au sein de la CGEM en 2002 et qui encourage l’externatisation des différentes fédérations de la confédération.
C’est au sein de cette dernière, deux types de fédérations existent. Les premières sont externes et bénéficient d’une autonomie financière et de gestion, c’est-à-dire qu’elles récoltent elles-mêmes les cotisations de leurs membres. C’est le cas par exemple de la FNBTP, de la FISA et de la Fédération des industries de la pêche qui ont leurs statuts propres et leurs propres, conseils d’administration. La seconde catégorie est composée de fédérations internes, telle la nôtre, qui sont gérées par les statuts de la CGEM et n’ont pas d’autonomie financière ni morale. Les cotisations de leurs membres sont perçues par la CGEM. La réunion de vendredi a simplement décidé de changer le statut de la Fédération des PME-PMI au sein de la CGEM. Je tiens à préciser que nous ne quittons pas la confédération qui restera toujours notre cadre de travail et d’action.

Quelles seront les conséquences de cette extermination ?
Doter la Fédération des PME-PMI de son autonomie financière et morale ne pourrait qu’être bénéfique à son action. Cela lui permettrait une plus grande liberté. Pour illustrer ces propos, je citerais l’exemple du GIAIC (Groupement interprofessionnel d’aide à l’ingénierie et conseil) que la fédération voulait initier mais qui, faute d’autonomie, de statuts propres et de personnalité morale distincte, elle n’a pas pu réussir.

Qu’en est-il de la représentativité ?
C’est effectivement l’un des grands soucis du bureau de la fédération. L’externalisation permettrait à de nombreuses TPE (Très petites entreprises) de rejoindre les rangs de la fédération. Ces dernières, qui constituent 80 % de la totalité du tissu des PME dans notre pays, sont sous-représentées au sein de la CGEM faute de moyens. Le montant de la cotisation, de l’ordre de 2000 dirhams actuellement, n’est pas à leur portée. C’est pour cette raison que nous envisageons de réduire ce montant à quelque 500 ou 300 dirhams. Nous comptons également bénéficier de l’expérience de nos partenaires internationaux, notamment la CGPEM française qui compte un million 600 mille membres, dont un million de TPE sans salarié.

Quelle a été la réaction de la CGEM à cette décision d’externalisation ?
Avant de tenir la réunion du vendredi, nous avons envoyé un courrier à la CGEM l’invitant à y assister. Chose qui a été faite en la personne de M. Abaroudi, le secrétaire général de la confédération qui nous a expliqué les étapes par qui il faudrait passer en respects de ses nouveaux statuts. Il faudrait d’abord tenir une assemblée générale extraordinaire durant laquelle la décision d’externalisation doit être approuvée par le tiers des membres. Elle devrait ensuite saisir par écrit le bureau de la CGEM qui devrait statuer.
En cas de refus, la fédération dispose d’un droit de recours au Conseil national du patronat. La démarche suivante est la création d’une nouvelle association selon le dahir de 1958 avec de nouveaux statuts qui devront être conformes à ceux de la CGEM, notamment en ce qui concerne le mandat du président. La dernière étape est une demande de ré-adhésion à la confédération. C’est un processus qui devrait prendre six ou sept mois.

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