Kitea démocratise le meuble

Tout a commencé en 1988. De retour à son pays après avoir décroché un diplôme d’ingénieur au Canada, Amine Benkirane est confronté à un problème aux allures simples mais qui demeure de taille : meubler son premier appartement. Agé alors de 25 ans, il veut des meubles simple, moderne et peu coûteux. « C’est là que j’ai été étonné de l’absence de l’offre en matière de mobilier », a déclaré celui qui, peu de temps après, va tirer avantage de cette situation. En effet, entre les menuisiers de Derb Ghallef et les importateurs de renommée, il ne sait pas à quel saint se vouer. D’autant plus que dans un cas comme dans l’autre, les prix étaient loin d’être abordables. Déçu, il n’en flaire pas moins une niche à explorer. Celle des meubles en kit. Après plusieurs voyages à l’étranger, Amine Benkirane mise sur ce nouveau marché, axé sur la distribution de mobilier moderne et à bon prix. Kitea, la première société spécialisée dans le domaine, voit le jour en 1992. Capital initial : 400 000 DH. Malgré son caractère novateur, le projet est confronté à un défi. Celui de pouvoir, ou non, changer les habitudes de consommation des Marocains, gagner la confiance des banques et autres institutions et faire connaître le Maroc auprès des fabricants de meubles internationaux. C’est désormais chose faite. Dix ans après l’inauguration du premier point de vente (route d’El Jadida) en 1993, le réseau Kitea compte actuellement 18 magasins (10 franchises et 8 succursales), présents dans 11 villes du pays. Ayant signé son premier contrat de franchise en 1994, l’entreprise est leader en matière de franchising maroco-marocain. Développé de la sorte, le réseau a permis à l’enseigne non seulement d’augmenter sa capacité de stockage mais aussi de baisser les prix. Mobilier de maisons, de bureaux, d’accessoires et articles cadeaux et décoration. Tout y est désormais disponible à des prix largement abordables. Une soixantaine de gammes, avec près de 5000 références-produits sont en vente. Avec une augmentation de chiffre d’affaires qui va de 25 à 30% annuellement, Kitea table sur un C.A de l’ordre de 250 millions DH pour cette année. Même le nombre des enseignes de meubles en kit a connu ces dernières années une hausse significative. C’est pour cela que le PDG de Kitea demeure confiant en l’avenir de son entreprise. « Le marché marocain en est à sa période de premier équipement. Beaucoup de nouveaux foyers se créent chaque jour et, avec eux, les premiers achats. La tendance de la consommation est donc toujours haussière et elle le restera pour au moins les dix années à venir», déclare M. Benkirane. D’après lui, la profession arrive à peine à absorber 50% de la demande du marché, le reste étant toujours du ressort des artisans et des points de vente de grandes enseignes importatrices. De tous les produits offerts par Kitea, les chambres à coucher, pour adultes comme pour enfants, se taillent la part du lion en terme de ventes. Même si, selon le fondateur de ce réseau, l’activité reste saisonnière. Rentrée scolaire pour la bureautique, Ramadan pour les salons et surtout les salles à manger et chambres à coucher pour l’été, saison des mariages, «on ne peut pas se tromper», note M. Benkirane avec humour. Là où les choses gagnent en sérieux, c’est quand il évoque la stratégie marketing de son entreprise. Une stratégie axée sur un bon rapport qualité-prix, mais aussi les services et la disponibilité. Employant 350 personnes, Kitea en fait son cheval de bataille. Autre mérite, c’est celui d’avoir lancé la démocratisation du meuble au Maroc. Une devise affichée fièrement par l’enseigne. Comme quoi, la démocratie commence à partir de chez soi.

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