L accord d Agadir sur la sellette : Un manque de complémentarité flagrant entre les productions des quatre pays

L accord d Agadir sur la sellette : Un manque de complémentarité flagrant entre les productions des quatre pays

La Quadra fait plancher les membres de la Chambre de commerce, d’industrie et de services de Rabat qui ont organisé, vendredi dernier, un séminaire sur «l’accord d’Agadir de libre-échange». La Quadra, c’est le quatuor de pays – Maroc, Tunisie, Egypte et Jordanie- qui ont décidé en 2004 «de jeter les bases d’une aire d’échange Sud-Sud comme préalable à une coopération intra-méditerranéenne conforme à l’appel de Barcelone». Annoncé à sa naissance comme l’un des événements les plus marquants du genre, mis en œuvre avec l’espoir que d’autres pays s’y joindront en nombre à brève échéance, l’accord d’Agadir a permis de réaliser des résultats qui divisent à parts égales l’opinion publique. Pour les uns, il a réellement boosté le commerce extérieur des pays signataires, pour les autres il a à peine suscité un friselis dans le mouvement des échanges entre les 4 pays.

Le président de la CCIS de Rabat est de ceux qui pensent grand bien de l’accord d’Agadir. Dans son discours introductif au séminaire, il a affirmé que l’année 2007 a réellement ouvert aux opérateurs des 4 de grandes opportunités en matière de commerce extérieur et d’investissements croisés. Mais s’il a laissé entendre que c’est le cas du Maroc, il a néanmoins considéré qu’en l’espèce la concentration de ces échanges sur un nombre réduit de partenaires impose leur diversification, en particulier à un moment où il est indiqué de ventiler au maximum les risques de retour de conjoncture. «Si le Maroc a commercé avec 174 pays en 2011, quatre pays – France, Espagne, Inde et Brésil – ont réalisé 50% de ces échanges», a précisé Larbi Ait Slimane.

Pour lui, le chemin est donc tout tracé : le Maroc doit diversifier ses débouchés et avant cela, améliorer la qualité de ses produits. Mais pas seulement, a estimé le représentant du ministère du commerce, il faut également  former les opérateurs aux techniques du marketing et du commerce extérieur. Qualifié d’obstacle majeur, le manque de maîtrise des techniques du commerce international par les opérateurs marocains n’est cependant pas le seul obstacle sur la voie de l’expansion des échanges intérieurs à la zone de libre-échange d’Agadir. «En effet, d’autres barrières entravent la circulation des marchandises entre les pays contractants, à savoir essentiellement le coût du transport qui influe directement sur le volume des échanges, le manque de contrôle technique et la régression des coûts des transactions constituent également des handicaps majeurs pour les quatre pays de la zone Agadir».

Cependant, la grande question qui a dominé les travaux du séminaire a été le manque de complémentarité entre les productions des quatre pays. Les économies des pays signataires produisant sensiblement les mêmes choses – textile et cuir notamment – non seulement les possibilités d’échange sont limitées en interne, mais encore ces pays se livrent une concurrence acharnée à l’international. Sauf pour les nouveaux produits tels que la voiture «Logan» qui connaît un franc succès au Moyen-Orient au départ de l’Egypte. C’est donc à une révision de la structure des exportations que les séminaristes ont appelé afin de sortir le commerce extérieur de sa léthargie. En fait, c’est cet objectif que s’est assigné Rabat club export, le nouveau groupement qui rassemble les exportateurs de la région. Son président, Amine Saidi, a jugé qu’il faut aller vite en besogne afin de présenter un cadre de concertation et d’élaboration de la décision aux exportateurs. Le nouveau club envisage en effet de mettre sur pied des actions de formation aux métiers de l’export. Un premier séminaire sur le marketing international est prévu au siège de la Chambre le 7 juin.

Initié au Maroc en 2001, le processus d’Agadir crée une zone de libre-échange où sont coordonnées les politiques macroéconomiques des pays membres au niveau du commerce extérieur, de l’agriculture, de l’industrie, de la fiscalité, des finances, des services et des douanes. L’accord encourage en outre la complémentarité entre ces pays au moyen de l’échange des expertises ainsi que de l’exploitation des opportunités qu’offrent le cumul des règles d’origine et l’exportation vers le marché européen.

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