La baisse de la consommation confirme les craintes

Selon les chiffres corrigés des variations saisonnières publiés mercredi par le département du Commerce, ces dépenses ont reculé de 0,6% par rapport à octobre. Ce recul de la consommation sur cinq mois d’affilée est une première dans les annales de cette statistique publiée depuis 1959. Cette baisse est inférieure à celle du mois précédent (-1,0%) et aux prévisions des analystes (-0,8%). Déduction faite des baisses des prix, les dépenses des ménages ont même augmenté de 0,6% en novembre. Pour autant, Eric Lascelles, économiste de TD Economics, reste «résolument pessimiste en ce qui concerne le consommateur américain». «La baisse des prix pourrait continuer à soutenir un peu plus longtemps les chiffres des dépenses en termes réels» (hors effet des variations de prix), mais «les prix des matières premières ne peuvent pas continuer de baisser éternellement», ajoute-t-il, faisant référence au fait que la baisse des prix résulte essentiellement de celle des cours du pétrole.
Le ralentissement de la baisse de la consommation recoupe les informations publiées par les commerçants, faisant part d’un bon démarrage de la saison des fêtes, grâce à de fortes promotions pendant le dernier week-end de novembre. Mais pour M. Lascelles, les ristournes de novembre risquent d’avoir conduit à des achats anticipés… qui n’auront pas lieu en décembre. Pour Ryan Sweet, économiste du cabinet d’analyse Moody’s Economy.com, «les budgets des ménages sont toujours serrés» et les foyers cherchent à épargner davantage en prévision du pire, comme en témoigne la remontée de leur taux d’épargne à 2,8% de leur revenu disponible (contre 2,4% en octobre). «Le taux d’épargne va continuer à augmenter, aux dépens des dépenses», écrit-il sur le blog DismalScientist. Et ce d’autant plus que, selon le ministère, les revenus des ménages ont reculé en novembre pour la première fois depuis le mois de juillet (de 0,2%).
En temps normal, la consommation des ménages assure 70% de la croissance économique des Etats-Unis. Pendant les trois mois d’été, le PIB de la première économie mondiale a reculé de 0,5% (en rythme annuel), plombé justement par une baisse de la consommation de 3,8%, selon les chiffres définitifs publiés mardi. Les chiffres de novembre «laissent penser que les dépenses de consommation du quatrième trimestre ne seront pas aussi désastreuses que beaucoup le craignaient», estime Brian Bethune, du cabinet IHS Global Insight. Mais cela ne remet pas en cause le pronostic de nombre d’économistes prévoyant un recul du PIB bien plus marqué au quatrième trimestre qu’au troisième. Publié mercredi, le nombre des nouvelles inscriptions au chômage au cours de la semaine close le 20 décembre est remonté à 586.000 dossiers, soit son plus haut niveau depuis 1982.
Et si la baisse des commandes en novembre de bien durables publiée mercredi a été inférieure aux prévisions des analystes (1,0% au lieu des 3,1% attendus), c’est en partie dû au fait que la baisse du mois précédent a été revue à 8,4%, du jamais vu depuis le mois de juillet 2000, au lieu des 6,2% annoncés le mois précédent.

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