La Banque d’Espagne contrôlera Castille-la-Manche

La Banque d’Espagne va prendre le contrôle d’une Caisse d’épargne défaillante, la Caisse d’épargne de Castille-la-Manche, et y injecter de l’argent public, première mesure de ce type en Espagne depuis le début de la crise financière, a annoncé dimanche une source gouvernementale. Un Conseil des ministres extraordinaire a été convoqué en urgence pour autoriser l’opération, a précisé cette source à l’AFP. Il va se tenir après «un accord avec la Banque d’Espagne en date du 28 mars aux termes duquel il a été décidé de remplacer le conseil d’administration de la Caisse d’épargne de Castille-la-Manche (CCM) et d’injecter de l’argent dans cette entité», a déclaré cette source.
Ni la Banque d’Espagne ni la Caisse de Castille-la-Manche (centre) n’étaient immédiatement disponibles pour commenter ces informations. Il s’agit de la première opération de sauvetage d’une entité financière espagnole depuis le début de la crise.  La CCM semblait en difficulté depuis plusieurs mois et avait élaboré un projet de fusion avec une autre Caisse d’épargne régionale, Unicaja, d’Andalousie (sud), un mouvement qui avait été analysé comme une tentative de sauvetage. La vice-présidente du gouvernement, Maria Teresa Fernandez de la Vega, et le ministre de l’Economie et des Finances, Pedro Solbes devaient s’adresser aux médias à l’issue du conseil des ministres pour détailler les mesures prises pour le sauvetage de cette institution. Les grandes banques espagnoles ont été relativement épargnées par la crise financière: aucune d’entre elles n’a dû être secourue. Toutefois, des préoccupations étaient apparues sur la santé de certaines Caisses d’épargne régionales, des établissement plus petits, liés aux pouvoirs exécutifs locaux et au champ d’activité plus restreint, davantage exposés à l’éclatement de la bulle immobilière espagnole.
Le 13 mars, le ministre de l’Economie avait laissé entendre qu’une intervention publique dans les banques risquait d’être nécessaire. «Le soutien public a été jusqu’ici destiné à régler les problèmes de liquidités (…) mais nous devons être conscients que (…) la possibilité d’une certaine recapitalisation du système financier telle que pratiquée dans d’autres pays peut aussi se poser dans le nôtre», avait déclaré le ministre. Selon des informations de presse, CCM avait octroyé des crédits pour un montant de 19,536 milliards d’euros à la fin 2008 et conservait des dépôts de ses clients pour 17,265 milliards d’euros, garantis par un fonds officiel.

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