La Banque mondiale débloque 486 MDH pour Casablanca

La Banque mondiale débloque 486 MDH pour Casablanca

Le prêt-programme axé sur les résultats de la Banque mondiale prend forme

Trois finalités sont identifiées : le renforcement de la capacité d’investissement de la commune, la mise à niveau du milieu urbain et l’accès aux services essentiels dans la zone du programme ainsi que l’amélioration de l’environnement des affaires de la métropole économique.

Trois mois après sa signature, le programme de soutien de la Banque mondiale à la ville de Casablanca prend forme. Une première avance de 486 millions de dirhams a été déboursée en février marquant ainsi le démarrage de ce prêt-programme axé sur les résultats. Trois finalités sont ainsi identifiées : le renforcement de la capacité d’investissement de la commune, la mise à niveau du milieu urbain et l’accès aux services essentiels dans la zone du programme ainsi que l’amélioration de l’environnement des affaires de la métropole économique. C’est ce qui a été annoncé lors de l’atelier de lancement de ce dispositif, lundi 5 mars 2018, à Casablanca. Un coup d’envoi auquel a pris part Khalid Safir, wali directeur général des collectivités locales, Marie Françoise Marie-Nelly, directrice des opérations Maghreb à la Banque mondiale, Abdelaziz El Omari, maire de Casablanca ainsi que des élus et membres du conseil de la commune urbaine de Casablanca. Une représentativité qui vient en effet confirmer le volet inédit de ce dispositif engagé pour la première fois au Maroc. «C’est la première fois qu’une ville contracte ce programme avec la Banque mondiale qui a choisi d’agir avec nous pour mettre en œuvre la vision de Casablanca et de développer des services de qualité au profit des citoyens», souligne à cet effet Abdelaziz El Omari. Pour sa part, Khalid Safir indique que ce partenariat permettra à la métropole de bénéficier de l’expertise et l’accompagnement de la Banque mondiale. La finalité étant de faire de Casablanca un modèle pour d’autres grandes agglomérations aussi bien à l’échelle régionale qu’internationale. Une aspiration également partagée par la représentante de l’institution financière. Marie Françoise Marie-Nelly a souligné lors de son intervention que ce prêt-programme servirait de mode opératoire non seulement pour le Maroc mais également pour les autres pays. De la part de la Banque mondiale, ce partenariat est né d’un constat : le potentiel d’urbanisation du Maroc est en retrait avec son niveau de croissance.

Des indicateurs sont mis en place

Le choix de Casablanca est justifié par son poids économique (20% du PIB national) et la grandeur des défis auxquels elle fait face dont les inégalités sociales, le chômage des jeunes (30%) et la vétusté des infrastructures. Ce prêt-programme axé sur les résultats portant sur un montant global de 172 millions d’euros appuiera ainsi l’accomplissement des objectifs de développement urbain de la métropole. Il s’agit ainsi d’un prêt à taux variable qui s’étend sur une durée de six ans (2016-2022). La Banque mondiale accorde ainsi à la commune de Casablanca une période de grâce de 7 ans ainsi qu’une période de paiement de 23 ans. En vue de mener à bien ce dispositif, le maire de Casablanca a souligné à cet égard que des indicateurs liés aux décaissements parfaitement mesurables ont été conçus pour permettre une vérification fiable. Ils répondront à un protocole bien déterminé dans le manuel des opérations du programme qui décrit les modalités de mise en œuvre et de suivi par les acteurs concernés.
Notons que le programme de soutien à la ville de Casablanca s’appuiera sur le plan de développement du Grand Casablanca. Lancé en 2015, ce plan vise à améliorer les conditions de vie, à développer la mobilité, à promouvoir la compétitivité économique et à renforcer l’attractivité de la ville.

Augmentation de 50% des recettes dans le pipe

Des objectifs réalistes et volontaristes sont déterminés dans ce programme. C’est du moins ce que confirme Abdelaziz El Omari qui aspire à renforcer les recettes de Casablanca de 50%. «Rien que pour l’année 2015 que nous prenons pour référence nous avons dépassé les 9% de l’augmentation des ressources pour la première année. D’après les premiers chiffres on dépasse déjà les 15% pour la deuxième année», explique Abdelaziz El Omari. Le programme vise, par ailleurs, le renforcement de la capacité d’investissement de la ville de Casablanca. Ceci passe par l’amélioration du système de gestion des recettes municipales et par la mobilisation de capitaux privés. Des pistes de réflexion ont été engagées dans le cadre du partenariat public-privé portant sur quelques priorités telles que la mise en place du schéma directeur de la ville ou encore la création d’une unité de valorisation de déchets. Le dispositif vise également l’amélioration du cadre urbain ainsi que l’accès aux services de base, notamment le raccordement de 10.000 foyers issus de milieux défavorisés. A cela s’ajoute également la réfection de la voirie, des trottoirs, de l’éclairage public et autres.

Les Casablancais seront également engagés dans ce dispositif qui prévoit la mise en place d’un mécanisme de gestion de réclamation ainsi que d’une plateforme électronique pour l’accès aux services administratifs. De même, des réformes devraient être adoptées en vue d’accélérer et numériser les transactions commerciales et ce à travers l’automatisation et la dématérialisation de diverses procédures administratives telles que les licences commerciales.

Une unité de gestion pour l’opérationnalisation du programme

Une unité de gestion du programme (UGP), hébergée au sein de Casablanca Prestations, a été mandatée par la commune pour assurer le suivi et la coordination des actions engagées ainsi que pour présenter leur état d’avancement afin de débloquer les fonds par la Banque mondiale. L’unité se chargera ainsi d’un ensemble de missions de nature technique.

A cet effet, des points focaux ont été désignés au sein de l’unité pour représenter chacune des parties prenantes du programme : la commune de Casablanca, la wilaya de Casablanca – Settat, Casa Transport, Casa Aménagement, Casa Patrimoine, Lydec, le Centre régional d’investissement (CRI), et Casa Prestations. L’unité inclura par ailleurs des points focaux dans le domaine social et environnemental. Ils travailleront de manière permanente à la mise en œuvre des aspects sociaux et environnementaux du programme. En outre, un guide technique environnemental et social a été adopté. Il définit ainsi les procédures à appliquer aux sous-projets du programme. De plus, un point focal, environnemental et social rattaché à l’UGP sera chargé de veiller au respect des exigences environnementales et sociales.

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