La Bourse de Paris en quête de signaux

L’indice parisien a repris 4,69% sur la semaine écoulée pour finir à 5.634,75 points vendredi, et repasse dans le vert (+1,68%) depuis le début de l’année.
Parmi les gagnants de la semaine, EDF et Suez  ont profité du rebond des prix de gros de l’électricité en Europe, dans le sillage de ceux du pétrole, car ils disposent de centrales nucléaires leur permettant d’exporter du courant électrique à un coût plus modeste que les centrales à énergie fossile. Les spéculations sur des opérations de fusions-acquisitions ont profité à de nombreuses sociétés, comme Carrefour, Valeo, Eiffage ou Clarins. Le secteur bancaire a, lui, profité des espoirs de voir le mouvement de remontée des taux américains prendre fin, ce qui devrait permettre de maintenir des taux d’intérêt très bas. La Réserve fédérale américaine (Fed) a rassuré les investisseurs en laissant inchangé mercredi 21 mars son principal taux directeur à 5,25%, et en adoucissant ses allusions à de futures hausses de taux d’intérêt compte tenu des difficultés de l’immobilier résidentiel.
«La banque centrale a réussi à contenter toutes les anticipations», ont résumé les économistes du courtier Aurel Leven, mais d’autres analystes ont fait une lecture plus prudente de la politique monétaire américaine. «Ce ton plus doux», en «dépit de deux mauvais chiffres d’inflation, témoigne de la montée des inquiétudes relatives à la croissance», ont relevé les experts de BNP Paribas. La semaine prochaine permettra de faire le point sur la croissance américaine, mardi avec l’indice de confiance des consommateurs de mars, le premier publié depuis les difficultés rencontrées par le secteur des crédits immobiliers à risque (pour les ménages les moins solides financièrement).
«Si le secteur du neuf devrait continuer à souffrir du ralentissement de la demande et du niveau élevé des stocks d’invendus, le marché immobilier dans son ensemble semble se stabiliser et ne va plus contribuer négativement à la croissance de la consommation et de l’économie», ont commenté les analystes du courtier Global Equities. «Il y aura un ralentissement économique» mondial, «il est même déjà là aux Etats-Unis, mais il devrait rester modéré», a commenté Makis Agoros, gérant de portefeuille de la société de placement Meeschaert.
«Mais les bénéfices des entreprises européennes sont dans l’ensemble excellents et les taux d’intérêt sont très raisonnables, ce qui est bon pour l’économie et la croissance», a-t-il ajouté. En Europe, le principal rendez-vous sera le baromètre Ifo du moral des chefs d’entreprise en Allemagne, qui avait reculé en février et janvier, en raison de la hausse de trois points de la TVA, tout en restant à un niveau élevé grâce à la solidité des carnets de commandes de l’industrie allemande à l’exportation. Les analystes espèrent aussi un regain de forme du dollar, qui profiterait aux exportations européennes, car la monnaie américaine devrait mécaniquement profiter des sorties de capitaux japonais, traditionnelles au printemps pour la nouvelle année fiscale nipponne, selon les analystes.
«Au cours des années passées, c’est en avril-mai qu’ont eu lieu 60% des sorties de fonds totales en yen concernant les investisseurs institutionnels japonais», rappellent les experts de BNP Paribas.

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