La campagne agricole s’en sort bien

La campagne agricole s’en sort bien

Cela fait trente années que le Maroc n’a pas connu une telle baisse du volume de pluies.  Tel que précisé auprès du ministère de tutelle, le déficit pluviométrique a atteint 42,7%, comparé à ce qui peut être considéré comme une campagne moyenne.

S’il existe un paramètre qui tient toujours «le haut du pavé» en agriculture, c’est bien celui du climat. Le Maroc, ayant connu une année où le ciel était tout sauf favorable à l’épanouissement d’un secteur vital comme celui agricole, s’en sort tout de même avec une campagne 2015-2016 mitigée. Au moment où la production céréalière a souffert, les autres cultures s’en sortent bien, faisant en sorte que la campagne agricole enregistre de bonnes performances, notamment pour l’arboriculture fruitière dont la croissance est de l’ordre de 15%.

Cela fait trente années que le Maroc n’a pas connu une telle baisse du volume de pluies.  Tel que précisé auprès du ministère de l’agriculture et de la pêche maritime, le déficit pluviométrique a atteint 42,7%, comparé à ce qui peut être considéré comme une campagne moyenne. Si l’on se base sur les données d’une année auparavant, cette baisse serait de 45%. En effet, seulement 198.7 mm de pluies sont tombés durant la campagne agricole 2015-2016.  Ce qui s’est globalement traduit à la fois par une faible production céréalière et de bonnes performances des autres filières agricoles. «La campagne agricole 2015-2016 a été caractérisée par des conditions climatiques particulières : un sérieux déficit pluviométrique accentué par une mauvaise répartition spatiale et temporelle ainsi qu’une augmentation des températures durant l’automne, période de démarrage et de croissance des céréales», indique la même source.

A souligner que c’est durant la phase  de croissance de céréales que le Maroc a connu le stade sec le plus long. Durant la période s’étalant de novembre à février en effet, la campagne agricole 2015-2016 n’a cumulé que 98 jours de pluie, accompagnés de températures qui étaient supérieures de 2,7° à celles enregistrées une année auparavant et de 2 à 3° par rapport à une année estimée «moyenne». Tant de paramètres qui, selon les connaisseurs, ne sont pas sans compromettre la production de la filière céréalière.

Plus concrètement, pour les trois céréales principales de la campagne, l’on s’attend à une production à 33,5 millions de quintaux, soit une baisse de 70% par rapport à 2014-2015. Il est sans rappeler dans ce sens que l’année agricole en question était exceptionnelle et avait atteint un chiffre record pour la production céréalière.  Ceci dit, si l’on se base sur les prévisions pour chaque espèce céréalière, on ressort avec une production prévisionnelle de blé tendre de 18,6 millions qx suivie du blé dur avec 8,7 millions qx puis de l’orge avec 6,2 millions qx.

Les «survivors» de cette campagne…

Au même titre que pour les céréales d’automne, la question de baisse de production des légumineuses se posait. Ce sont finalement les chiffres communiqués par le ministère de tutelle qui y apportent réponse en confirmant que cette filière connaîtra, elle aussi, une baisse de 40 à 60%. Ceci variera «en fonction des résultats du pois chiche de printemps dont les perspectives s’annoncent encourageantes avec les récentes pluies», précise la même source. Dans ce tableau, c’est toutefois l’arboriculture fruitière qui affiche une bonne santé.  Avec une croissance estimée de l’ordre de 15%, cette filière est notamment soutenue par des cultures  comme l’olivier (+24%) et les agrumes (+7%).  D’autres cultures connaîtront de bonnes productions. Tel est le cas de la betterave à sucre et des cultures oléagineuses dont la progression de production est estimée à une moyenne de 5%. Pour ce qui est des cultures maraîchères, les prévisions indiquent une hausse de 4 à 5%.

 

PIB agricole maîtrisé à 110 milliards DH

Agriculture-production-cereales-legumineusesSelon le ministère de l’agriculture et de la pêche maritime, la valeur ajoutée agricole de la campagne 2015-2016 s’établirait, en principe, à 110 milliards de dirhams.  Ce qui n’est pas du tout mauvais car si l’on se base sur la même source, «avant le lancement du Plan Maroc Vert (PMV) la baisse de valeur ajoutée du secteur avait enregistré dans les années 1990 et début 2000, pour une campagne similaire, des taux variant entre -30 à -41%».

Or, pour cette campagne la baisse est contenue à 7,3% par rapport à l’année 2015. S’agissant du recul de la production céréalière pour cette campagne, et qui est de plus de 70% par rapport à la précédente, il est précisé que «comparé à 2009 où la production des trois céréales principales était de 102 millions qx, la valeur ajoutée agricole était de 100 milliards DH. Aujourd’hui, la valeur ajoutée est supérieure de 10% avec une production céréalière en recul de 70%».

A noter cependant que depuis 2008, année du lancement du PMV, le Maroc enregistre une moyenne de production céréalière de 75 millions qx.

Pluies tardives : Changent-elles quelque chose à la donne ?
Pluies tardives et céréales tardives font, paraît-il, bon ménage. Si l’installation et le développement des cultures céréalières ont encaissé un coup dur en raison des faibles précipitations,  ce n’est pas le cas pour toute la filière.

«Grâce aux précipitations des mois de février et mars, les céréales semées tardivement ont connu une reprise significative dans plusieurs régions, notamment dans les zones côtières, les zones nord et la montagne», apprend-on auprès du ministère de l’agriculture et de la pêche maritime. Le département de Aziz Akhannouch a toutefois précisé que la superficie emblavée en céréales d’automne s’est limitée à 3,6 millions d’hectares et que, «seuls 60% de cette superficie généreront une production avec un état végétatif hétérogène variant du bon au médiocre».

En dehors des céréales semées tardivement donc il est difficile de définir si l’impact des dernières pluies est significatif.  Toutefois, grâce à la reconversion aux techniques économes en eau (goutte-à-goutte) et aux dernières pluies, on peut dire que l’irrigation qui se tient conformément aux besoins des cultures, donne  de bons résultats. Ainsi, «les apports des dernières pluies compensent les volumes d’eau consommés par l’irrigation depuis le début de la campagne», explique la même source.

Fait qui se traduira naturellement par une production en irrigué en augmentation et des rendements «record» pour certaines spéculations. Il s’agira essentiellement de la betterave. Quant aux semences, leur production dans ces zones, ajoutée au stock actuel, se conclura par un stock de deux millions qx pour le démarrage de la campagne céréalière prochaine.

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