La campagne européenne

La dernière sortie de Sean Doyle, chef de la délégation de la Commission européenne au Maroc, n’avait pas seulement pour objectif de faire le point sur l’état de la coopération financière entre le Royaume et l’Union.
Loin de là. Au moment où les négociations entre le Maroc et les Etats-Unis pour la mise en place de zone de libre-échange sont entamées, l’UE met les bouchées doubles pour renforcer son attachement au partenariat stratégique qui la lie au Royaume. Dans ce sens, les sorties et les déclarations se sont succédées ces derniers jours.
En s’adressant à la presse avant-hier, le représentant des Quinze a fait état de « l’inversion de la tendance très positive dans le rythme traditionnellement lent des paiements sur le programme MEDA qui avait souvent suscité de vives critiques ». La délégation admet que la lourdeur et la complexité des procédures communautaires ont été toujours considérées comme les principales sources de blocage. Elle précise toutefois que dans la réalité, les procédures marocaines contribuaient nettement au rallongement des délais.
Ce qui ressort aussi de la communication de Sean Doyle, c’est que la Commission a travaillé sérieusement sur des solutions efficaces et de longue durée. De même que l’Etat marocain est en train de s’inscrire dans la même logique.
Ainsi en 2002, « la Commission a déconcentré la mise en oeuvre des projets à sa Délégation à Rabat. L’effectif du personnel a triplé en l’espace de quelques mois; l’expertise est maintenant largement présente sur place; la Délégation a reçu de nouvelles responsabilités et de nouveaux pouvoirs qui ont permis une accélération évidente du traitement des dossiers.
En 2001, la Commission a relevé que l’administration marocaine a engagé beaucoup d’efforts notamment avec l’avènement du nouveau gouvernement. Cette nouvelle approche s’est concrétisée par un nouveau système prioritaire pour l’aide communautaire, permettant de raccourcir la durée des différentes étapes, notamment au niveau du contrôle de la comptabilité, indique-t-on.
Faut-il alors conclure par là qu’on est en train d’assister à une évolution dans l’approche de l’aide communautaire ? A en juger par les déclarations de Sean Doyle, la réponse serait positive : « au lieu des projets traditionnels, la Commission finance actuellement de plus en plus d’assistance budgétaire directe conditionnée à la mise en oeuvre de réformes structurelles dans différents secteurs ». Et d’ajouter que « les décaissements sont de ce fait plus rapides et l’aide communautaire est concentrée sur des secteurs prioritaires définis en accord avec les autorités marocaines. Il indique également que « des réformes de longue durée qui bénéficieront à l’ensemble des Marocains sont mises en place ».

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