«La CGEM a validé ma candidature»

«La CGEM a validé ma candidature»

ALM : Comment s’est déroulée la validation de votre candidature pour un troisième mandat à la tête de la Fédération de l’immobilier ?
Rachid Jamaï : Dans les statuts de la CGEM, il est uniquement question de deux mandats consécutifs. La durée des mandats n’est pas précisée. Or, la Fédération de l’immobilier n’a été créée qu’en 1999, soit 10 mois avant le départ de Abderrahim Lahjouji et l’élection de Hassan Chami en tant que nouveau président de la CGEM. Si à cela on ajoute la période de flottement de trois mois qui a suivi, le premier mandat n’aura duré que 13 mois, alors que la durée normale d’un mandat est de trois ans. On ne peut donc pas parler de deux mandats de trois ans. La Commission juridique de la CGEM s’est réunie pour aborder la question de validité de ma candidature. Le résultat a été en ma faveur puisque ma candidature a été validée. Actuellement, nous sommes passés à une autre phase: celle de la réconciliation.
C’est donc vous qui sortez gagnant de cette guerre à la présidence…
Ce n’est pas le mandat en lui-même qui m’intéresse. L’important est que nous ayons ouvert de grands chantiers avec l’actuel gouvernement, notamment en matière d’habitat social. Une première dans la mesure où c’est pour la toute première fois que le gouvernement et la Fédération joignent leurs efforts, sous les directives de S.M le Roi, pour mettre en oeuvre un chantier aussi grand. Il s’agit donc d’une priorité nationale sur laquelle il n’y pas de retour possible et que nous voulons concrétiser. Ce qui n’est pas partagé par tout le monde. Nous avons non seulement encouragé cette politique, mais participé activement à son élaboration, dans la mesure où cette stratégie a adopté nos doléances à 100 %. Maintenant, des gens qui sont contre ce projet orchestrent des manoeuvres dans les coulisses pour bloquer son exécution, alors que sa concrétisation est à peine entamée. Cela, alors que le secteur est enfin reconnu comme véritable locomotive économique, non seulement en termes de création de richesses et d’emploi, mais aussi pour sa portée sociale
Quelle est votre réponse aux arguments avancés par vos détracteurs ?
Certains disent que je ne fais que défendre l’aspect social, au détriment de la rentabilité. Ce constat est à 80 % vrai, dans la mesure où la qualité de vie de quelque 1.400.000 familles marocaines est en jeu et qu’il s’agit d’une politique nationale qu’il faut mettre en oeuvre. Mais ces arguments ne semblent pas valables aux yeux de certains qui s’accrochent à ne vouloir viser que 4 ou 5% de la population. La deuxième raison invoquée est que la Fédération joue le jeu du gouvernement, aux dépens du secteur, et oublie que si l’immobilier est le secteur qui bénéficie du plus grand nombre d’avantages accordés par l’Etat, c’est grâce à l’apport de la Fédération, qui a travaillé pendant 20 ans, sans reconnaissance aucune, pour avoir ces avantages. Autre accusation, celle que ce travail ne profite qu’aux grands groupes. Mais l’aspect historique n’est pas pris en compte. Il faut préciser que la promotion immobilière, en tant que profession et non pas en tant que secteur, est récente au Maroc. L’apparition de grands groupes privés, qui construisent 4000 à 5000 logements par année, est tout aussi récente. Et tant mieux s’ils existent, puisque c’est d’eux que dépendent le poids économique et l’image du secteur. Ce sont ces groupes qui sont à même d’exécuter les grands projets immobiliers. Et ce sont eux qui jouent le rôle de locomotive, par le biais de la sous-traitance, aux petites structures.
Un enjeu strictement politique ne serait-il pas également de mise?
La Fédération de l’immobilier est en effet très politisée. Ce caractère pèse également sur l’échiquier du secteur. Force est de constater qu’en quelques mois d’exercice, l’actuel gouvernement a réussi à mettre une stratégie que l’ancien gouvernement n’avait pas exécutée en cinq années. Un constat qui dérange plus d’un. Nous sommes dans une phase où seul le secteur de l’immobilier peut constituer une base solide au développement économique et social/ Il ne faut pas omettre que même les secteurs où le Maroc dispose de plus d’atouts sont proie en à plus d’un facteur externe qui pénalise son fonctionnement. L’agriculture dépend de la pluviométrie, le tourisme de la conjoncture nationale et internationale. Et on ne dispose toujours pas d’atouts concurrentiels en TIC vis-à-vis de l’Asie. Ces paramètres pris en considération, il est facile de conclure que l’immobilier constitue une véritable opportunité d’affaires, basée sur une expérience d’une vingtaine d’années, et qui répond à un besoin national.
Qu’en est-il de votre volonté d’externaliser la Fédération de l’immobilier en adoptant de nouveaux statuts, ce qui, aux yeux de vos détracteurs, n’est ni plus ni moins qu’une manoeuvre politicienne ?
Il faudra d’abord préciser que la volonté d’externaliser la Fédération n’émane pas de ma seule personne mais de tous ses membres. Elle consiste à doter la Fédération d’une autonomie financière et d’un siège. Il s’agit d’une révolution sur laquelle nous étions tous d’accord et qui a fait l’objet d’un courrier, signé par moi-même, mais aussi par certains de ceux-là même qui en critiquent le fondement. Le courrier dont je dispose d’une copie a été envoyé à M. Chami, reçu et accepté. Le président de la CGEM nous avait alors présentés la procédure à suivre afin de permettre la révision des statuts de la Fédération. Tout cela a été effectué en 2002, c’est-à-dire bien avant les élections. La vraie raison se limite à garantir une meilleure gestion de la fédération. Pour le moment, aucune décision ne peut être prise en dehors de la CGEM. On ne peut pas non plus ouvrir notre propre compte. Ceci, sachant que la Fédération de l’immobilier, qui compte quelque 17 associations professionnelles, a atteint un degré de maturité tel qu’elle ne peut plus dépendre de la disponibilité, ou non, de la CGEM. D’autant qu’il existe des positions au sein de la Fédération sur lesquelles la CGEM ne peut pas, ou ne veut pas s’exprimer. L’enjeu de l’externalisation des statuts de la Fédération n’est autre que de lui permettre de continuer.

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